Art-thérapie : rendre le sens à celui qui crée
L'art-thérapie est née dans les asiles, d'un regard qui cherchait dans les dessins des internés les signes de leur maladie. Il a fallu un siècle pour retourner ce regard, et en France le retournement n'est pas achevé. Voici la discipline telle que je la pratique : profondeur jungienne pour l'univers, rigueur des thérapies brèves pour le cadre, neurosciences pour comprendre ce qui se passe dans le geste.
Auteure
Victoria Herrmanipsychologue clinicienne
Niveau
Psychologuesprofessionnels de l'accompagnement, étudiants avancés
Lecture
15 minutes3000 mots
Une séance d'art-thérapie, et une phrase retenue
Simon a cinquante-quatre ans et une boule d'argile devant lui. Il vient pour une fatigue qui ne cède pas et pour un père mort il y a deux ans dont il parle comme d'un fait divers. Vingt minutes durant, il pétrit sans regarder ses mains. Ce qui apparaît est une forme creuse, ouverte d'un côté, à la paroi restée très fine.
Il pose la terre, lève les yeux et dit : « Je ne sais pas ce que c'est. » À cette seconde précise, j'aurais pu émettre une hypothèse, proposer une interprétation. Une cavité, une absence, un contenant vide ; ç'aurait peut-être été juste, et j'aurais tout arrêté.
Je n'ai rien dit. Trois semaines plus tard, devant sa pièce sèche et fendue, c'est lui qui a dit : « Ça n'a pas tenu. Comme lui. » Ce n'est pas la même phrase, même si c'est le même sens. Toute la discipline tient dans cet écart.
Médiation artistique : ce que le médium fait que la parole ne fait pas
Nous savons tous conduire un entretien : relancer, reformuler, tenir le silence. Cela suffit le plus souvent, et il serait absurde d'aller chercher de la terre quand la parole travaille. La question que pose l'art-thérapie est plus étroite : que faire lorsque la parole tourne à vide, ou qu'elle est devenue le meilleur outil de la défense ?
C'est le cas de figure ordinaire, pas la marge. Le patient qui raconte parfaitement son histoire et ne bouge pas d'un millimètre. L'adolescent qui répond par oui et par non. L'enfant qui n'a pas les mots. Le sujet traumatisé dont l'événement n'a jamais été encodé sous forme de récit. Ajouter de la parole renforce alors ce qui bloque.
Le médium change la nature de l'échange. Ce qui était éprouvé devient un objet posé sur la table, qu'on peut regarder à distance, laisser sécher, reprendre trois semaines plus tard — ce qu'aucune parole ne permet. Surtout, l'autorité se déplace : celui qui a fait la chose en sait plus long que celui qui la regarde.
Disons ce qu'elle n'est pas, car la confusion coûte cher. Pas un cours d'arts plastiques : nous n'enseignons aucune technique et n'évaluons aucune qualité esthétique. Pas du loisir créatif : l'atelier récréatif est une bonne chose, il ne poursuit pas d'objectif thérapeutique. Et pas un test projectif déguisé.
Le sens n'a pas à être donné. Il a besoin d'être attendu.
Histoire et origines de l'art-thérapie : de l'asile à quatre orientations
L'art-thérapie n'a pas de fondateur unique. Elle a une scène primitive, et cette scène est asilaire. Ce qui s'y est joué explique nos malentendus contemporains, à commencer par la difficulté française à renoncer à l'interprétation.
L'asile, ou le dessin lu comme un symptôme
À la fin du XIXe siècle, les aliénistes collectionnent les dessins et les sculptures des internés — pour y lire la maladie. Lombroso les range en 1888 du côté de la dégénérescence ; Marcel Réja publie L'Art chez les fous en 1907. Le regard est classificatoire, et il ne s'adresse jamais à celui qui a produit l'objet.
Le basculement vient de Heidelberg. Hans Prinzhorn publie en 1922 Expressions de la folie à partir de cinq mille pièces : ces œuvres ne sont pas des symptômes, ce sont des tentatives de configuration, obéissant à une pulsion d'expression que tout être humain partage. Le malade redevient quelqu'un qui fait quelque chose. Ce que Prinzhorn ouvre, Dubuffet le récupérera en 1945 sous le nom d'art brut — catégorie esthétique, non pratique de soin.
La France a sa propre voie. En 1950 se tient à Sainte-Anne la première Exposition internationale d'art psychopathologique, autour de Robert Volmat ; en 1959 naît la Société internationale de psychopathologie de l'expression. Le mot est dans le nom : on étudie l'expression pour ce qu'elle révèle du trouble. Travail savant — et acte de naissance de la posture que je conteste.
« Art therapy » : l'invention anglo-saxonne et une règle de silence
En Grande-Bretagne, l'expression « art therapy » est forgée en 1942 par Adrian Hill, peintre soigné pour tuberculose — le mot ne vient donc pas d'un médecin. Edward Adamson prend la suite à l'hôpital Netherne, où il tient un atelier de 1946 à 1981. Sa règle est restée célèbre : il n'enseignait pas, ne corrigeait pas, n'interprétait pas. On présente souvent la position basse comme une invention nord-américaine récente : elle était là, dans un hôpital psychiatrique anglais, en 1946.
Aux États-Unis se forme une polarité qui définit encore le champ. Margaret Naumburg fonde une art-thérapie d'orientation dynamique : la production est une parole symbolique, à interpréter dans le transfert. Edith Kramer répond avec l'art comme thérapie : ce qui soigne est le processus, la sublimation à l'œuvre dans le fait de former la matière. Leur désaccord n'a jamais été tranché.
Art-thérapie jungienne : la profondeur sans la traduction
Un mot ferme ici. La ligne jungienne est traitée avec condescendance dans nos milieux, pour des raisons qui doivent plus à une fidélité freudienne qu'à un examen des textes. Or c'est en art-thérapie que Jung est le plus incontournable. D'abord parce qu'il a fait lui-même ce qu'il a théorisé : pendant la confrontation avec l'inconscient, il dessine, il peint, il sculpte, il bâtit un village de pierre au bord du lac. Ses mandalas, à partir de 1916, ne sont pas l'illustration d'une théorie : ils sont l'expérience à partir de laquelle il pense.
Ensuite pour une raison méthodologique, la plus décisive ici. L'amplification n'est pas une interprétation : elle élargit le champ associatif d'une image au lieu de la traduire. Et Jung répète que le rêveur reste le meilleur interprète de son rêve. Le courant réputé le plus symboliste est donc celui qui interdit le plus explicitement de décider du sens à la place de l'autre.
Enfin pour une raison structurelle : l'individuation, le Soi, les archétypes donnent à ce que produit un patient un horizon qui excède sa biographie. Une figure qui revient dans les dessins peut être une forme qui organise. Dora Kalff en tirera le jeu de sable.
L'art-thérapie en France, au Canada et aux États-Unis
Deux pôles structurent la formation française. L'école de Tours, autour de l'AFRATAPEM et de Richard Forestier, propose une art-thérapie protocolisée, adossée à une faculté de médecine : non interprétative, mais résolument médicale. L'INECAT, avec Jean-Pierre Klein, tient une art-thérapie à médiation où la création est un détour et où l'on se garde d'expliquer.
Au Canada et aux États-Unis, le paysage est autre : formation universitaire au niveau master, tronc théorique commun où le modèle ETC occupe une place centrale, enregistrement professionnel. La posture y est massivement rogérienne. Ce n'est pas une mode douce : c'est un choix théorique argumenté.
Le médium comme tiers : ce qui fait l'unité de l'art-thérapie
Quatre orientations, des présupposés inconciliables, aucune théorie unifiée. Ce qui autorise à parler d'une discipline est structurel : partout, la relation cesse d'être duelle. Dans un face-à-face, la parole du patient m'est adressée, donc déjà façonnée par ce qu'il imagine que j'en ferai. Devant une feuille ou un bloc de terre, il s'adresse d'abord à la matière : je deviens le témoin.
Les trois opérations du médium
Le médium extériorise : l'éprouvé devient une chose regardable. Il diffère : entre le geste et le sens, il installe un délai qui empêche la conclusion prématurée. Il rend auteur : le patient a fait cela, personne d'autre.
La troisième est celle que l'interprétation détruit. Si je dis à Simon ce que sa forme creuse signifie, je lui reprends la seule chose que le dispositif lui avait donnée.
Le modèle ETC : le continuum des thérapies expressives
Reste une question que beaucoup tranchent à l'intuition : pourquoi la terre plutôt qu'un collage ? Répondre que c'est affaire de goût ne suffit pas. Le continuum des thérapies expressives, ou modèle ETC, formulé par Sandra Kagin et Vija Lusebrink en 1978 et développé depuis par Lisa Hinz, permet mieux. Enseigné dans presque toutes les universités nord-américaines, il reste peu connu en France.
Il décrit trois niveaux de traitement, chacun formé de deux pôles, plus un niveau créatif transversal. Le kinesthésique et sensoriel engage le geste, le rythme, la texture : registre préverbal. Le perceptif et affectif engage la forme et la couleur, et fait monter l'émotion. Le cognitif et symbolique engage la planification, l'analogie, le symbole.
Ce que le modèle ajoute est décisif : les propriétés du média. Un matériau fluide — terre humide, encre, gouache — abaisse le contrôle et fait monter l'affect. Un matériau résistant — crayon dur, collage, bois — soutient la structure et engage le cognitif. La consigne joue de même : plus elle est cadrée, plus le travail se fait haut.
D'où ma conviction, contre un usage indifférencié des médiations : la terre ne porte pas le même travail psychique que le collage, la peinture ou la danse. Ce ne sont pas des variantes esthétiques du même exercice, mais des portes d'entrée qui n'ouvrent pas sur les mêmes contenus latents ni sur les mêmes prolongements. Choisir le médium est déjà un acte clinique — et proposer de l'argile à un patient débordé, c'est ouvrir une vanne qu'on ne saura peut-être pas refermer.
Art-thérapie et neurosciences : ce qui est établi
Un mot du vieux débat des deux hémisphères. Non, la créativité n'habite pas le cerveau droit : l'imagerie décrit des réseaux étendus et bilatéraux. Le slogan « libérer le cerveau droit » est une caricature, et il dessert la discipline auprès des pairs.
Ce qui reste de l'intuition est plus solide. Une part de l'expérience — sensorialité, affect brut, mémoire traumatique — n'est pas encodée verbalement ; les travaux sur le rappel traumatique décrivent une chute d'activité dans les aires du langage quand l'émotion culmine. Demander un récit à qui n'en dispose pas est une impasse ; proposer une voie sensorimotrice est un accès. D'où la règle : on entre par le bas, puis on remonte vers le symbolique quand c'est possible.
Trois résultats méritent d'être cités avec exactitude. Quarante-cinq minutes de production plastique abaissent le cortisol salivaire, indépendamment du niveau artistique. La production, comparée à la seule appréciation d'œuvres, améliore la connectivité du réseau du mode par défaut. Et dessiner active les circuits préfrontaux de la récompense. Signaux convergents, sur de petits effectifs : faire n'est pas neutre.
Deux séances d'art-thérapie, deux issues
Rien de ce qui précède ne dit comment on s'y prend. Deux situations cernent la question mieux qu'un protocole : l'une où le médium ouvre le travail, l'autre où le thérapeute le referme.
Ça n'a pas tenu. Comme lui.
Je reviens à Simon. Après la séance de modelage, je ne propose rien de plus que ceci : que la pièce reste sur l'étagère du cabinet, et qu'il la regarde en arrivant. Aucune consigne, aucune question.
À la troisième séance, la paroi a fendu en séchant. Il la prend, la retourne, et lâche : « Ça n'a pas tenu. Comme lui. » Puis il pleure, ce qui n'était pas arrivé en quatre mois. Ce n'est pas la fissure qui produit cela : c'est que la phrase soit sortie de lui, dans ses mots.
La suite relève des thérapies brèves : qu'est-ce qui, dans cette pièce, avait tenu malgré tout ? Si vous deviez en refaire une, que feriez-vous autrement ? Il en a refait une, plus épaisse, ouverte du même côté. Nous avons travaillé six mois sur ce que signifiait, pour lui, épaissir la paroi sans fermer l'ouverture.
Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.
La maison sans porte
C'était il y a longtemps, en institution, à une époque où je croyais que la justesse de la lecture faisait la qualité du soin. Une adolescente dessine une maison sans porte. J'ai dit : « Il n'y a pas d'entrée. On dirait que vous vous protégez beaucoup. »
Elle a acquiescé, et trouvé ça très juste. À partir de ce jour-là, elle a dessiné des maisons avec des portes. Puis des fenêtres. Puis un chemin qui y menait. Elle produisait des progrès. Pour moi.
Il m'a fallu des mois pour comprendre que j'avais transformé l'atelier en examen. Ma lecture était sans doute exacte ; elle était surtout arrivée avant elle. Je lui avais appris que les dessins ont une bonne réponse, et que je la connaissais.
Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.
Ces deux trajets tiennent dans une seule différence, que je formule le plus abruptement possible : une interprétation juste énoncée trop tôt fait plus de dégâts qu'une interprétation fausse. La fausse, le patient la rejette. La juste, il l'adopte — et il cesse de chercher.
Art-thérapie en France : reconnaissance, confusions et limites
Il faut le dire sans détour, et le dire nous-mêmes avant qu'on nous l'oppose : en France, « art-thérapeute » ne désigne rien de protégé. Aucun diplôme d'État, aucun ordre, aucune déontologie commune. Des certifications enregistrées existent et ont une vraie valeur ; elles ne créent pas un titre.
La comparaison internationale est instructive. Au Royaume-Uni, le titre est protégé par la loi et régulé par le Health and Care Professions Council ; aux États-Unis et au Canada, l'exercice suppose un master, des heures supervisées et un enregistrement professionnel. La France est en retard, et cela produit ce qu'on observe : d'excellents praticiens et des ateliers de bien-être sous le même nom.
Le dessin n'est pas un test projectif
C'est l'erreur la plus dommageable. Les tests graphiques classiques — dessin du bonhomme, maison-arbre-personne — sont critiqués pour leur faible validité : rien n'autorise à lire une couleur ou une omission comme un indice fiable. Un ciel noir n'est pas une dépression ; ce peut être le seul feutre qui restait.
Efficacité de l'art-thérapie : l'état des preuves
Soyons exacts, car c'est ce que nos confrères attendent. La littérature est hétérogène, les effectifs faibles, les protocoles rarement comparables. Les signaux les plus convaincants concernent le stress physiologique, la qualité de vie en oncologie et en gériatrie, et le psychotraumatisme lorsque l'art-thérapie s'articule à une prise en charge structurée. En revanche, un grand essai randomisé britannique publié en 2012 n'a pas retrouvé de bénéfice de l'art-thérapie de groupe dans la schizophrénie : résultat négatif qu'il serait malhonnête de taire. L'OMS Europe conclut en 2019 à un ensemble prometteur et encore fragile.
Les médiums fluides et les consignes ouvertes abaissent les défenses : c'est leur intérêt et leur danger. Chez un patient en décompensation, en fragilité psychotique ou en trauma non stabilisé, l'argile mouillée et la consigne libre peuvent produire un débordement dont personne ne veut. La règle issue du modèle ETC : dans le doute, on monte — matériau résistant, format réduit, consigne structurée, durée bornée.
Et l'on n'improvise pas de sortie de séance : on prévoit le temps de refermer — ranger, nommer où l'on en est, décider de ce que devient la production. Ce dernier point n'est jamais accessoire.
| Situation | Ce que l'approche apporte | Précaution |
|---|---|---|
| Parole abondante, aucun mouvement | Déplace l'adresse : il parle à la matière avant de me parler | Ne pas commenter la production avant lui |
| Enfant, adolescent peu verbal | Donne un canal disponible et une position d'auteur | Ne jamais lire le dessin comme un test |
| Trauma non narratif | Un accès là où le récit n'existe pas | Stabiliser d'abord ; entrer par des médiums résistants |
| Fragilité psychotique, décompensation | — | Contre-indication des médiums fluides et des consignes ouvertes |
| Patient arrivant avec sa propre symbolique | — | Travailler la certitude avant tout contenu |
Formation en art-thérapie : dans quel ordre se former
L'art-thérapie que je défends tient en trois appuis. Une profondeur jungienne pour l'univers — archétypes, individuation, place faite au Soi — parce qu'elle donne à ce que produit un patient un horizon qui dépasse son anecdote. Une rigueur issue des thérapies brèves pour la méthode et le cadre, parce que sans elle l'atelier dérive en atmosphère. Et une compréhension des mécanismes cérébraux, parce qu'un praticien qui sait pourquoi la terre déborde et pourquoi le collage contient choisit mieux.
Ce qui se travaille : savoir dans quelle orientation on se tient à chaque instant ; choisir un médium selon le niveau de traitement visé ; conduire un entretien d'après-création qui n'induit rien ; reconnaître quand il faut monter, structurer, ou ne rien proposer ; et ne jamais dire à quelqu'un ce qu'il vient de faire.
Victoria Herrmani
Psychologue clinicienne et psychothérapeute, diplômée d'un Master 2 de psychologie clinique et psychopathologie, inscrite auprès de l'ARS. Vingt-six ans de pratique, dont une quinzaine d'années en institution — milieu carcéral, psychiatrie, protection de l'enfance, aide aux victimes — avec une orientation psychanalytique, avant l'exercice libéral.
Formée ensuite aux grands courants de la psychothérapie : psychologie jungienne, Gestalt-thérapie, analyse transactionnelle, psychodrame, systémie, art-thérapie, thérapies brèves, hypnose. Fondatrice d'Ellipsy, organisme de formation certifié Qualiopi, et auteure d'ouvrages spécialisés en psychologie clinique et thérapies brèves.
- Master 2 psychologie clinique et psychopathologie
- 26 ans de pratique clinique
- Formatrice en art-thérapie
- Spécialisée en psychotraumatologie
- Organisme certifié Qualiopi
- Auteure d'ouvrages spécialisés
Le parcours qualifiantPraticien en art-thérapie : la posture d'abord, les médiums ensuite
L'art-thérapie s'enseigne traditionnellement sur plusieurs années, en école, avec un travail personnel et de la supervision. C'est légitime et je ne le conteste pas. J'ai construit ce cursus pour un manque différent : beaucoup de formations proposent un inventaire de médiations — collage, mandala, terre, masque — sans jamais poser ce qui les commande. On en ressort avec une boîte à outils et sans critère de choix.
Un parcours qualifiant intensif, conçu pour des professionnels déjà en exercice ou en projet de reconversion sérieux. L'ossature d'abord — l'orientation, le cadre, l'entretien d'après-création, le choix du médium — puis les médiations, chacune pour ce qu'elle mobilise. Un noyau restreint, repris jusqu'à devenir opérant.
Parcours qualifiant · modules progressifs · e-learning et présentiel · organisme certifié Qualiopi. Cette formation ne confère pas le titre de psychologue ni de psychothérapeute, réglementés en France.
Art-thérapie : pour aller aux sources
- Prinzhorn H., Expressions de la folie, 1922 (trad. fr. Gallimard, 1984). Le livre qui fait passer la production de l'interné du statut de symptôme à celui d'expression.
- Jung C. G., Commentaire sur le Mystère de la Fleur d'Or, 1929. Le mandala comme forme organisatrice, et la règle d'amplification opposée à la traduction.
- Kramer E., Art as Therapy with Children, 1971. L'art comme thérapie : ce qui soigne est le processus de formation, pas le déchiffrement.
- Klein J.-P., L'Art-thérapie, PUF, « Que sais-je ? », 1997. La référence française de l'art-thérapie à médiation : la création comme détour, et le refus d'expliquer.
- Hinz L. D., Expressive Therapies Continuum. A Framework for Using Art in Therapy, 2009. L'exposé le plus clair du modèle ETC et des propriétés des médiums. Peu traduit, très utile.
- Fancourt D. & Finn S., What is the evidence on the role of the arts in improving health and well-being?, OMS Europe, 2019. La synthèse la plus large des données disponibles, et l'exacte mesure de ce qu'elles établissent.
Questions fréquentes sur l'art-thérapie
L'art-thérapie est-elle reconnue en France ?
Pas au sens d'un titre protégé. « Art-thérapeute » n'est ni une profession réglementée ni un diplôme d'État : il n'existe ni ordre, ni obligation déontologique commune. Des certifications professionnelles enregistrées existent, portées par quelques écoles historiques, et l'art-thérapie est effectivement pratiquée dans de nombreuses institutions de soin. Mais le cadre reste ouvert, à la différence du Royaume-Uni où le titre est protégé, ou de l'Amérique du Nord où l'exercice suppose un master et un enregistrement professionnel. Une formation en art-thérapie qualifie un praticien ; elle ne confère pas les titres de psychologue ou de psychothérapeute, réglementés en France.
Faut-il savoir dessiner pour bénéficier d'une art-thérapie ?
Non, et c'est le contresens le plus répandu. L'habileté technique n'entre dans aucun objectif et n'est jamais évaluée. Elle peut même gêner : un patient qui maîtrise un médium a tendance à produire ce qu'il sait faire, c'est-à-dire à se défendre avec son savoir-faire. Il n'est pas rare qu'on lui propose alors un matériau qu'il ne connaît pas, précisément pour le priver de cette virtuosité protectrice.
L'art-thérapeute interprète-t-il les productions ?
C'est le point de désaccord central de la discipline, et ma position est nette : non. Une production n'est pas un test projectif, et les grilles de lecture symbolique appliquées mécaniquement ont une valeur diagnostique très faible. Le travail consiste à créer les conditions pour que le sujet élabore lui-même ce qu'il a fait, par un questionnement précis qui n'induit aucun contenu. Une interprétation juste, énoncée avant le patient, lui retire la seule chose que le dispositif lui avait donnée : la position d'auteur.
Formations Psychothérapie - Psychologie - Hypnose - PNL - Art thérapie - Médiation Équine - Psychopraticien - Psychogénéalogie

