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Grands courants · nº 01

Gestalt-thérapie : ce que le thérapeute entend quand le patient se tait

Un courant né d'une rupture, bâti sur une idée simple et vertigineuse : ce qui se joue entre nous, maintenant, en dit plus long que ce que vous me racontez. Généalogie, séquence du contact, deux vignettes, et les objections que nous devons entendre.

La Gestalt-thérapie — présence, conscience de soi, contact et responsabilité dans l'ici et maintenant, par Victoria Herrmani
Victoria Herrmani, psychologue clinicienne et psychothérapeute

Auteure

Victoria HerrmaniPsychologue clinicienne

Niveau

PsychologuesProfessionnels de l'accompagnement, étudiants avancés

Lecture

11 minutes2 400 mots

Mouvement I — la scène

Une main qui serre l'accoudoir

Marc parle de son père depuis quarante minutes. Le récit est net, chronologique, presque élégant. Il utilise deux fois le mot « évidemment ». Et pendant tout ce temps, sa main droite serre l'accoudoir du fauteuil, la relâche, la serre à nouveau. Il ne le sait pas. Je le sais, et je me tais. Puis je dis : « Votre main. » Il baisse les yeux, la regarde comme si elle appartenait à quelqu'un d'autre, et se met à pleurer.

Rien de ce qu'il m'avait dit ne l'avait amené là. C'est un geste qu'il ignorait faire qui l'a fait basculer.

Mouvement II — l'énigme

Que faire de ce qui arrive maintenant ?

Deux fauteuils face à face dans un cabinet de psychothérapie, lumière de fin de journée
Le dispositif est minimal : deux fauteuils, et tout ce qui circule entre eux.

Toute psychothérapie se cogne un jour à cette question. Le patient nous apporte un contenu — une histoire, un symptôme, une plainte — et pendant qu'il nous l'apporte, il se passe autre chose : un rythme respiratoire, un évitement du regard, une main qui serre. Selon le courant auquel nous appartenons, nous traiterons ce « pendant » comme du bruit à écarter, comme un indice à interpréter, ou comme le matériau principal.

La Gestalt-thérapie a fait le troisième choix, et elle l'a fait radicalement. Elle postule que le trouble ne réside pas dans le patient — pas dans son inconscient, pas dans ses schémas cognitifs — mais dans la manière dont il entre en contact avec son environnement, et se retire. Le symptôme n'est pas un défaut interne : c'est une façon d'ajuster une frontière. Ce déplacement paraît mince. Il change tout ce qu'on fait de sa séance.

Mouvement III — la généalogie

Les origines de la Gestalt-thérapie : née contre Freud, et avec lui

On raconte souvent la Gestalt comme une invention californienne des années 1960. C'est une erreur de trente ans et de six mille kilomètres. Elle naît à Francfort, puis à Johannesburg, dans la tête d'un psychanalyste allemand en exil.

Frederick Perls — Fritz — a été l'assistant de Kurt Goldstein, le neurologue qui soignait les cérébro-lésés de la Grande Guerre et qui en avait tiré une thèse : l'organisme ne réagit pas par morceaux, il s'organise en totalité pour se réaliser. Perls a été analysé par Wilhelm Reich, dont il retient que la résistance ne se dit pas, elle se voit — dans le tonus, la posture, le souffle. Il a côtoyé la psychologie de la forme berlinoise, celle de Wertheimer et de Köhler, qui démontre expérimentalement que nous ne percevons pas des points mais des formes détachées sur un fond. Et il a épousé Lore Posner — Laura Perls — philosophe de formation, lectrice de Husserl, de Tillich et de Martin Buber, dont la relation « Je-Tu » irrigue discrètement toute la clinique gestaltiste.

Frise généalogique de la Gestalt-thérapie, de 1926 à 1981 1926 Francfort Perls assistant de Goldstein 1942 Johannesburg « Le Moi, la faim et l'agressivité » 1951 New York Perls, Hefferline & Goodman : Gestalt Therapy 1964-69 Big Sur Esalen : la Gestalt devient spectacle 1981 France Instituts français, retour au texte
De la neurologie de l'organisme au retour aux sources théoriques : la Gestalt-thérapie s'est construite en trois déplacements géographiques, et deux ruptures.

Le livre fondateur paraît en 1951 sous trois signatures : Perls, Ralph Hefferline — psychologue expérimentaliste de Columbia, auteur des exercices — et Paul Goodman, écrivain anarchiste new-yorkais, à qui l'on doit la partie théorique, la plus dense et la moins lue. C'est Goodman qui forge l'appareil conceptuel : le self comme processus et non comme substance, la frontière-contact, l'ajustement créateur. Fritz Perls, lui, partira pour la Californie et deviendra, à Esalen, la figure charismatique dont les films circulent encore — et dont l'héritage encombre autant qu'il éclaire.

Cette scission est décisive pour comprendre les débats actuels. Il y a la Gestalt de New York — théorique, exigeante, adossée à la phénoménologie — et la Gestalt de Californie — expérientielle, spectaculaire, orientée vers l'intensité émotionnelle. Les instituts français, à partir des années 1980, ont largement travaillé à réhabiliter la première.

Mouvement IV — le cœur

Figure, fond et frontière-contact : le cœur de l'approche

Trois notions suffisent pour entrer dans la logique. La première vient tout droit de la psychologie de la forme : à chaque instant, quelque chose émerge d'un arrière-plan et devient figure. Une faim, un souvenir, une gêne. Une bonne forme se construit, se déploie et se retire, laissant place à la suivante. Une forme empêchée reste là, en suspens — c'est ce que Perls nommait une situation inachevée, et c'est très exactement ce qui encombre nos patients.

La deuxième est la frontière-contact. Elle n'est pas une membrane qui sépare, mais le lieu où l'organisme et son environnement se rencontrent. Le self n'existe pas avant ce contact : il se produit dedans. C'est pourquoi un gestaltiste ne demande pas « qui êtes-vous » mais « comment faites-vous, avec moi, en ce moment ».

La troisième est la séquence du contact : un mouvement en quatre temps par lequel une figure émerge, se déploie, culmine, puis se retire. Chaque temps a sa manière propre de s'interrompre — et ces interruptions, loin d'être des pathologies, sont des ajustements qui furent créatifs un jour, dans un contexte donné, et qui se sont figés.

La séquence du contact et ses quatre modes d'interruption Pré-contact la sensation monte CONFLUENCE rien n'émerge : « je ne sais pas » Mise en contact j'y vais, je choisis INTROJECTION j'avale la règle sans la mâcher Contact plein le moment vif RÉTROFLEXION je me fais à moi ce que je ferais à l'autre Post-contact assimiler, se retirer ÉGOTISME je commente au lieu de me laisser toucher le fond la figure
La séquence du contact selon Goodman, avec ses interruptions caractéristiques. Attention : ce schéma est une aide pédagogique, pas une grille d'évaluation — voir le mouvement VI.
Un fauteuil vide dans la lumière de fin de journée
Le fauteuil vide : une proposition, jamais un exercice à faire exécuter.
Au fil d'une séance

« Je ne sais pas ce que je ressens. » Cette phrase-là, nous l'entendons toutes les semaines, et nous l'entendons souvent comme un défaut d'introspection. En lecture gestaltiste, c'est autre chose : rien n'a pu se détacher du fond. Aucune figure n'émerge, non parce que le patient manque de mots, mais parce que sentir quelque chose l'engagerait à en faire quelque chose.

Avec Élise, trente-huit ans, cette phrase revient à chaque séance. Je cesse de demander ce qu'elle ressent et je décris ce que je vois : elle s'assoit toujours au bord du fauteuil. Elle rit, puis dit qu'elle fait ça partout, depuis toujours, « pour pouvoir partir vite ». La figure vient d'émerger — pas par l'introspection, par la description.

Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.

Reprenons Marc. Sa main qui serre est une rétroflexion presque scolaire : le mouvement destiné à l'autre — saisir, frapper, repousser le père — fait demi-tour et s'exerce sur lui-même. En nommant le geste sans l'interpréter, je ne lui ai pas livré un contenu. J'ai rendu disponible à sa conscience un morceau de son propre fonctionnement. La différence entre les deux opérations est toute la méthodologie gestaltiste.

Mouvement V — le terrain

Deux séances, deux issues

Vignette 1 — quand ça travaille

La lettre qu'on n'envoie pas

Claire, quarante-trois ans, consulte pour une fatigue qu'aucun bilan n'explique. Elle décrit sa mère avec une neutralité parfaite. À la sixième séance, je lui propose de s'adresser à elle : la chaise en face est vide, sa mère est morte depuis onze ans. Claire refuse, poliment. Je n'insiste pas — je lui demande ce qu'elle ressent, là, dans le refus. « De la loyauté », dit-elle. Nous travaillons deux séances sur cette loyauté, et non sur la mère.

C'est à la neuvième séance qu'elle s'adresse spontanément à la chaise, sans que j'aie rien proposé. Ce qui en sort n'est pas de la colère : c'est une demande d'autorisation. La fatigue diminuera sur trois mois.

Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.

Salon chaleureux éclairé par un feu de cheminée et une lampe, le soir
Un cadre ne soigne pas. Mais il autorise, ou non, ce qui pourra s'y produire.

Notez ce qui a fonctionné : pas la technique, mais son ajournement. La chaise vide n'a jamais été un exercice à faire exécuter. Elle est une proposition qui n'a de valeur que si le patient peut la refuser — et si nous savons travailler le refus lui-même comme la figure du moment.

50fiches
Ressource praticiens

50 interventions phares en Gestalt-thérapie

Le répertoire que j'utilise en supervision : chaque intervention avec sa formulation exacte, le moment où elle se propose, et ce qui la contre-indique.

Recevoir le répertoire
Vignette 2 — quand ça résiste

Le corps qui répond trop vite

Sofia, trente et un ans, adressée après une agression. Le récit est fragmenté, elle décroche par moments — le regard part, la voix devient plate. Je fais, une fois, l'erreur de suivre le principe : je lui propose de rester avec la sensation physique qui monte. En quelques secondes, elle est submergée. Pas de catharsis libératrice : une reviviscence, et vingt minutes à reconstruire un ancrage.

Nous n'avons pas repris ce type d'intervention avant huit mois. Le travail a d'abord porté sur la capacité à s'interrompre, à se retirer, à dire stop — c'est-à-dire, en langage gestaltiste, sur la restauration d'un post-contact praticable avant tout accès au contact plein.

Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.

Cette séance-là m'a appris davantage que trente séances réussies. L'injonction à l'ici-et-maintenant, appliquée sans évaluation préalable de la fenêtre de tolérance, n'est pas neutre : elle peut désorganiser. Le principe reste juste ; c'est la séquence qui était fausse.

Mouvement VI — la controverse

Limites et controverses de la Gestalt-thérapie

Le cycle du contact contre la séquence de Goodman

Le schéma en quatre temps que je viens de vous montrer a été popularisé sous forme de « cycle du contact » par l'école de Cleveland dans les années 1970. Une partie des théoriciens — Jean-Marie Robine au premier rang, en France — considère que cette version énergétique et linéaire trahit le texte de Goodman, chez qui la séquence n'est pas un cycle à parcourir mais une description du surgissement du self. Le débat n'est pas scolastique : selon la lecture retenue, on cherche à « faire compléter le cycle » au patient, ou on se contente de décrire ce qui advient. Deux cliniques très différentes.

Les données d'efficacité : un corpus mince

La Gestalt-thérapie est peu et mal étudiée, comparée aux thérapies cognitivo-comportementales. Les méta-analyses disponibles — celle d'Uwe Strümpfel, notamment — indiquent une efficacité comparable à d'autres approches sur plusieurs troubles, mais le corpus reste mince et méthodologiquement fragile. Fait notable : la descendance la mieux validée de la Gestalt ne porte pas son nom. Le travail à deux chaises, repris et protocolisé par Leslie Greenberg dans la thérapie centrée sur les émotions, a fait l'objet d'essais contrôlés convaincants. Nos outils fonctionnent ; nous avons été mauvais à le démontrer.

L'héritage encombrant de Fritz Perls

Les films d'Esalen ont installé une image durable : le thérapeute confrontant, provocateur, virtuose. Cette posture, séduisante à l'écran, a produit des dégâts en cabinet — et n'a que peu à voir avec la clinique dialogique de Laura Perls ou d'Isadore From. Se former à la Gestalt aujourd'hui suppose de distinguer explicitement ce qui relève de la méthode et ce qui relève du personnage.

Ce que le débat change en séance

Un patient s'interrompt au moment d'exprimer sa colère : la voix baisse, le corps se ferme. Première lecture : le cycle est bloqué au contact plein, mon travail consiste à l'aider à le compléter. Je soutiens, j'encourage, je propose une expérimentation d'intensification.

Seconde lecture : ce retrait est ce qui se produit maintenant, entre lui et moi. Il n'y a rien à compléter — il y a à décrire ce qui vient d'arriver et à se demander ce que ma présence y fait. J'ai pratiqué les deux. La première produit des séances spectaculaires et des patients qui reviennent inchangés. La seconde produit des séances plates et des changements qui tiennent.

Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.

Ce que la Gestalt-thérapie fait bien, et là où elle doit composer
TerrainCe que l'approche apporteCe qu'il faut ajouter
Troubles anxieux, difficultés relationnellesAccès direct au fonctionnement en situation ; travail du lien dans le transfert vivantPeu de choses — terrain d'élection
PsychotraumatismeAttention fine au corps et à la frontièrePhase de stabilisation préalable, repères sur la fenêtre de tolérance
États limitesCadre relationnel explicite, travail de la frontièreCadre thérapeutique très tenu, supervision régulière
Décompensation psychotiqueContre-indication des expériences d'intensification ; orientation psychiatrique
Mouvement VII — l'ouverture

Se former à la Gestalt-thérapie : ce qui ne s'apprend pas en lisant

Il y a une chose que ce texte ne peut pas vous transmettre, et je préfère le dire franchement : le moment où l'on décide de nommer un geste plutôt qu'un contenu ne relève ni de la théorie, ni de la technique. Il relève d'un entraînement de l'attention — et d'une connaissance assez précise de ses propres interruptions pour ne pas les confondre avec celles du patient. C'est la raison pour laquelle la Gestalt a toujours été enseignée par la pratique, et pourquoi les praticiens formés uniquement par les livres se reconnaissent immédiatement : ils interviennent trop tôt.

Ce qui se travaille, concrètement : reconnaître les quatre modes d'interruption dans le flux d'une séance réelle, doser l'expérimentation, savoir quand ne rien proposer, et repérer les situations où le principe de l'ici-et-maintenant doit céder le pas à la sécurité.

Victoria Herrmani, psychologue clinicienne et psychothérapeute
Victoria Herrmani
Qui écrit ces lignes

Victoria Herrmani

Psychologue clinicienne et psychothérapeute, diplômée d'un Master 2 de psychologie clinique et psychopathologie, inscrite auprès de l'ARS. Vingt-six ans de pratique, dont une quinzaine d'années en institution — milieu carcéral, psychiatrie, protection de l'enfance, aide aux victimes — avec une orientation psychanalytique, avant l'exercice libéral.

Formée ensuite aux grands courants de la psychothérapie : Gestalt-thérapie, psychologie jungienne, analyse transactionnelle, psychodrame, systémie, art-thérapie, thérapies brèves, hypnose. Fondatrice d'Ellipsy, organisme de formation certifié Qualiopi, et auteure d'ouvrages spécialisés en psychologie clinique et thérapies brèves.

  • Master 2 psychologie clinique et psychopathologie
  • 26 ans de pratique clinique
  • Gestalt-thérapeute et formatrice
  • Spécialisée en psychotraumatologie
  • Organisme certifié Qualiopi
  • Auteure d'ouvrages spécialisés

Le parcoursGestalt-thérapie : l'ossature clinique pour la pratique que vous avez déjà

La Gestalt s'enseigne traditionnellement sur trois à cinq ans, en institut, avec thérapie personnelle et supervision — et c'est une bonne chose : cette formation-là fabrique des gestalt-thérapeutes. Ce parcours ne s'y substitue pas. Il répond à une autre question, celle que me posent la plupart des collègues qui m'écrivent : que faut-il avoir compris, et su faire, pour que la Gestalt commence à travailler dans la pratique qui est déjà la vôtre ?

Vingt-huit heures sur l'ossature, pas sur l'inventaire. Un noyau restreint de notions et de gestes, repris jusqu'à ce qu'ils deviennent opérants — plutôt qu'un survol de tout ce que la Gestalt a produit en soixante-dix ans.

Repérer les interruptionsReconnaître confluence, introjection, rétroflexion et égotisme dans le flux d'une séance réelle, pas sur une fiche.
Proposer une expérimentationLa formuler, la doser, la suspendre — et travailler le refus quand il vient.
Travailler à la frontièreDéplacer l'attention de ce que le patient raconte vers ce qui se passe entre vous, sans devenir intrusif.
Connaître les limitesIdentifier les situations où l'ici-et-maintenant doit céder le pas à la stabilisation et à la sécurité.

28 h en e-learning · modules progressifs · organisme certifié Qualiopi. Cette formation ne confère pas le titre de psychologue ni de psychothérapeute, réglementés en France.

Gestalt-thérapie : pour aller aux sources

  • Perls F., Hefferline R., Goodman P., Gestalt Therapy: Excitement and Growth in the Human Personality, 1951. Le texte fondateur. Lire la partie théorique de Goodman avant les exercices.
  • Perls F., Le Moi, la faim et l'agressivité, 1942. La rupture avec la théorie freudienne des pulsions, écrite en exil.
  • Robine J.-M., Gestalt-thérapie, la construction du soi, 1998. La relecture française la plus rigoureuse du texte de 1951.
  • Zinker J., Creative Process in Gestalt Therapy, 1977. La version Cleveland du cycle de l'expérience — celle que le mouvement VI discute.
  • Yontef G., Awareness, Dialogue and Process, 1993. La Gestalt dialogique, héritée de Buber et de Laura Perls.
  • Strümpfel U., Therapie der Gefühle, 2006. La synthèse des données d'efficacité disponibles.

Questions fréquentes sur la Gestalt-thérapie

Faut-il être psychologue pour se former à la Gestalt-thérapie ?

Non. La formation s'adresse aux psychologues et psychothérapeutes comme aux praticiens de la relation d'aide, aux professionnels du soin et aux personnes en reconversion. En revanche, en France, les titres de psychologue et de psychothérapeute sont réglementés : une formation en Gestalt-thérapie ne les confère pas. Elle qualifie une pratique, sous l'appellation de praticien.

Quelle différence entre Gestalt-thérapie et psychologie de la forme ?

La psychologie de la forme (Gestaltpsychologie) est un courant expérimental allemand du début du XXe siècle, consacré à la perception. La Gestalt-thérapie lui emprunte son concept central — la figure qui se détache d'un fond — et le transpose au champ de l'expérience relationnelle. Les fondateurs de la Gestaltpsychologie n'ont jamais revendiqué cette filiation.

La chaise vide est-elle réservée à la Gestalt-thérapie ?

Non. Le dispositif vient du psychodrame de Jacob Moreno, la Gestalt l'a intégré et retravaillé, et la thérapie centrée sur les émotions de Leslie Greenberg en a produit une version protocolisée et validée par des essais contrôlés. Ce qui distingue l'usage gestaltiste tient moins au dispositif qu'au moment où on le propose — et à la liberté laissée au patient de le refuser.

Ellipsy — formations en psychologie clinique et thérapies brèves Article rédigé par Victoria Herrmani, psychologue clinicienne
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