Psychogénéalogie : les secrets d'une discipline méconnue
La psychogénéalogie n'est pas née dans les stages de développement personnel. Elle est née d'une question psychanalytique précise — que devient un deuil que personne n'a pu faire ? — et elle doit autant à la systémie qu'à la clinique du corps. Retour aux sources, et aux précautions qu'elles imposent.
Auteure
Victoria Herrmani
psychologue clinicienne
Niveau
Psychologues
professionnels de l'accompagnement, étudiants avancés
Lecture
13 minutes
2 700 mots
Un pluriel de trop
Nadia, trente-neuf ans, consulte pour une insomnie que trois somnifères différents n'ont pas entamée. Elle raconte bien, avec ordre. Je lui demande depuis quand. Elle répond : « depuis toujours », ce qui ne veut rien dire et que je note quand même. La séance se termine, elle enfile son manteau, et sur le pas de la porte elle ajoute, comme une évidence : « De toute façon, chez nous, on ne dort pas. »
Chez nous. Un pluriel là où j'attendais un « je ». En quatre mots, trois générations venaient d'entrer dans mon cabinet sans que personne les ait invitées.
Que fait le détour par les générations ?
Nous savons tous travailler l'histoire d'un sujet. L'enfance, les figures parentales, les scènes fondatrices : c'est le matériau ordinaire de nos séances, et il suffit la plupart du temps. La question que pose la psychogénéalogie est plus étroite et plus dérangeante : que faire des symptômes qui n'ont aucune racine repérable dans la biographie du patient ?
Une angoisse sans objet. Une interdiction de réussir que rien ne justifie. Une date qui revient chaque année avec son cortège de malaises. Un prénom qu'on n'a jamais aimé porter. Le sujet a beau chercher, il ne trouve rien dans sa propre vie qui explique ce qu'il vit — et pourtant il le vit avec la précision d'un souvenir.
L'hypothèse de travail est alors la suivante : ce qui n'a pas pu être élaboré dans une génération ne disparaît pas, il se dépose. Non pas sous forme de souvenir — on n'hérite pas des souvenirs de sa grand-mère — mais sous forme de trou, de silence organisé, de zone où la parole familiale s'arrête net. Et ce trou, quelqu'un finit par l'habiter.
Précisons tout de suite ce que cette discipline n'est pas, parce que la confusion coûte cher. Ce n'est pas de la généalogie : retrouver ses aïeux dans les archives est une enquête, pas une thérapie. Ce n'est pas une explication causale : aucune séance ne démontrera que votre eczéma vient d'un arrière-grand-père tanneur. Et ce n'est pas une approche autonome : la psychogénéalogie est une manière de lire, qui s'ajoute à une clinique, elle ne la remplace pas.
Nous ne recevons jamais une seule personne.
Les origines de la psychogénéalogie : quatre filiations
La psychogénéalogie n'a pas de fondateur unique, pas de texte inaugural, pas de querelle d'origine. C'est ce qui la distingue d'un courant et ce qui explique son désordre actuel : quatre traditions distinctes y ont déposé quelque chose, et beaucoup de praticiens en usent sans savoir à qui ils l'empruntent. Rendons à chacune ce qui lui revient.
Les racines psychanalytiques : la crypte et le fantôme
Tout commence par une intuition embarrassante de Freud. Dans Totem et tabou, en 1913, il avance l'idée d'un héritage psychique transmis au-delà de l'individu. L'hypothèse, dans sa forme lamarckienne, est intenable et a été abandonnée ; la question qu'elle ouvre ne l'a jamais été. Ferenczi, ensuite, décrit ce nourrisson qui capte ce que l'adulte ne dit pas et s'identifie à lui jusque dans sa terreur.
Mais le concept décisif arrive en 1975, avec Nicolas Abraham et Maria Torok. Deux notions, deux mots que nous employons encore. La crypte d'abord : lorsqu'un sujet ne peut ni pleurer ni avouer une perte — parce qu'elle est honteuse, criminelle, indicible — il ne l'intègre pas, il l'enferme. Un caveau se constitue à l'intérieur du moi, hermétique, avec son mort dedans. Le fantôme ensuite, et c'est le geste théorique le plus important de toute cette histoire : ce qui se transmet à la génération suivante n'est pas le secret, c'est le fait qu'il y ait un secret. L'enfant hérite d'une lacune. Il porte un mort qui n'est pas le sien, dans une langue qu'il n'a pas apprise.
Après eux, la lignée française prolonge et affine. Françoise Dolto martèle que l'enfant sait toujours, et qu'il paie le prix du non-dit bien plus que celui de la vérité. Serge Tisseron distingue les degrés de l'indicible et montre comment un secret se manifeste par ses effets avant de se manifester par son contenu. Didier Dumas explore ce que devient le fantôme dans la clinique de l'enfant. Voilà d'où vient la psychogénéalogie : non pas d'un stage, mais de trente ans de travail psychanalytique sur le deuil impossible.
L'apport systémique : loyautés invisibles et génosociogramme
Pendant ce temps, en Amérique du Nord, une autre tradition arrive à des conclusions voisines par un chemin entièrement différent. Ivan Boszormenyi-Nagy publie en 1973 Invisible Loyalties et introduit une dimension que la psychanalyse n'avait pas : l'éthique. Les familles tiennent, selon lui, un grand livre de comptes — ce qui a été donné, ce qui est dû, ce qui n'a jamais été réparé. Les loyautés sont invisibles parce que personne ne les a formulées, mais elles obligent. Un enfant peut payer une dette contractée deux générations avant lui, et sa fidélité prend la forme d'un symptôme.
Murray Bowen, de son côté, décrit le processus de transmission multigénérationnelle et la différenciation du soi : ce qui se transmet est un degré de fusion, une incapacité à se séparer sans se perdre. C'est aussi de son école que nous vient le génogramme, l'outil graphique sans lequel plus personne ne travaille aujourd'hui.
En France, c'est Anne Ancelin Schützenberger qui opère la synthèse. Formée au psychodrame de Moreno, lectrice des systémiciens, elle publie Aïe, mes aïeux ! en 1993 et invente le génosociogramme — un arbre dessiné de mémoire par le patient, avec ses oublis et ses erreurs, qui vaut précisément par ce qu'il déforme. Son succès public a été considérable. Il a aussi, il faut le dire, ouvert la porte à tout ce que nous critiquerons plus loin.
Le versant somatique : ce que le corps garde
Wilhelm Reich, en décrivant la cuirasse caractérielle, avait posé qu'une histoire non dite s'inscrit dans un tonus, une posture, une respiration. Otto Rank avait cherché du côté de l'avant-langage. Ces intuitions étaient invérifiables à leur époque ; les cliniques contemporaines du psychotraumatisme leur ont donné une consistance nouvelle. Ce que cette tradition apporte à la psychogénéalogie est décisif : le transgénérationnel ne se travaille pas seulement par la parole, parce qu'il n'a pas été encodé par la parole. Un patient peut avoir compris et ne rien avoir déplacé.
La ligne transpersonnelle : à sa juste place
Jung, avec l'inconscient collectif, ouvre un espace au-delà du roman familial — mais soyons précis, ce n'est pas une théorie de la transmission familiale, et l'assimiler à la psychogénéalogie est un contresens fréquent. Roberto Assagioli, avec la psychosynthèse, introduit la dimension d'un soi plus vaste. Stanislav Grof et Ken Wilber prolongent, chacun à sa manière, du côté d'expériences dites ancestrales.
Cette filiation a un statut épistémique différent des trois autres, et je préfère le dire clairement plutôt que de le dissimuler : elle ne relève pas du même régime de preuve. Faut-il l'écarter ? Non — de nombreux patients arrivent avec cette langue, et une partie du travail se fait dans leur système de représentation. Mais un praticien doit savoir en permanence dans quel registre il se trouve, et ne pas présenter comme un fait clinique ce qui relève d'une expérience subjective.
La transmission transgénérationnelle en trois temps
Quatre traditions, des présupposés incompatibles, aucune théorie unifiée. Qu'est-ce qui autorise alors à parler d'une discipline plutôt que d'une collection de bricolages ? Une seule chose, mais elle est solide : toutes décrivent la même séquence en trois temps, avec des mots différents.
Le premier temps est un défaut d'élaboration. Un événement survient — une mort brutale, une faute, une honte, un enfant mort en bas âge, une trahison — et le sujet qui le traverse ne dispose pas des moyens de l'intégrer. Abraham et Torok parlent d'incorporation, la systémie parlerait d'une dette non réglée, la clinique du trauma d'un événement non métabolisé. Le vocabulaire diffère ; la description est la même.
Le deuxième temps est le silence, et il faut insister sur sa nature exacte : ce n'est pas l'ignorance. Dans une famille, on sait toujours qu'il y a quelque chose. Ce qui se transmet, c'est la consigne de ne pas savoir. L'enfant apprend très tôt quelles questions ne se posent pas, et cet apprentissage-là ne passe jamais par des mots.
Le troisième temps est le retour. Le symptôme apparaît chez quelqu'un qui n'a rien vécu de ce qui l'a produit. Et il apparaît d'autant plus solidement que le porteur y trouve, sans le savoir, une forme de fidélité : renoncer au symptôme reviendrait à trahir. C'est là que l'apport de Boszormenyi-Nagy devient irremplaçable, parce qu'il explique la ténacité que la seule théorie du fantôme n'explique pas.
Une patiente dessine son génosociogramme et « oublie » une sœur de sa mère. Elle s'en aperçoit deux semaines plus tard, gênée. Cette tante existe, elle est vivante, elle habite à trente kilomètres, et personne ne la voit depuis 1987.
L'intérêt de l'outil est là, et pas ailleurs : ce n'est pas un arbre exact, c'est un arbre tel qu'il est porté. Les oublis, les erreurs de date, les branches dessinées trop petites valent bien davantage que l'état civil. Un généalogiste corrigerait ; nous, nous regardons ce qui a été déformé.
Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.
Deux trajets, deux issues
Rien de ce qui précède ne dit comment on s'y prend. Voici deux situations qui, à mon sens, cernent mieux la question que n'importe quel protocole : l'une où l'hypothèse transgénérationnelle ouvre le travail, l'autre où elle le referme.
Chez nous, on ne dort pas
Je reprends avec Nadia son « chez nous », trois séances plus tard. Elle rit d'abord, puis se tait longtemps. Elle sait que sa grand-mère maternelle a vécu la guerre, elle ne sait rien de plus : chez elle, on n'en parle pas, et elle n'a jamais posé la question. Je ne lui propose aucune interprétation. Je lui propose de poser la question.
Il lui faudra deux mois pour la poser à sa mère, et la réponse tiendra en quatre phrases : pendant dix-huit mois, sa grand-mère a hébergé quelqu'un dans une pièce du fond. On dormait par tranches, en écoutant. Ensuite, cette femme n'a plus jamais dormi une nuit entière, et personne dans la famille n'a formulé le lien.
L'insomnie de Nadia n'a pas disparu ce jour-là — ce serait un beau récit et ce serait faux. Ce qui a changé est plus modeste et plus décisif : son symptôme a cessé d'être absurde. Il est devenu quelque chose qui pouvait être pensé, donc travaillé. Nous avons ensuite conduit un travail ordinaire, sur son hypervigilance à elle, dans sa vie à elle. La psychogénéalogie n'a pas soigné Nadia. Elle a rendu le soin possible en levant l'absurdité.
Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.
L'homme qui savait déjà
Marc arrive avec son diagnostic sous le bras. Il a suivi un stage de trois jours, il a « identifié » l'arrière-grand-père renié dont il porterait le poids, et il l'énonce avec une assurance que je n'ai pas. Sa dépression, m'explique-t-il, s'explique entièrement par là. Il a d'ailleurs cessé de parler à sa mère, qui aurait « maintenu le secret ».
Rien dans ce récit n'est vérifiable, et ce n'est même pas le problème principal. Le problème est ce que cette certitude lui permet de ne pas regarder : un licenciement qu'il n'a pas digéré, un couple qui se défait, un père bien vivant avec qui il ne parle pas. L'ancêtre est arrivé à point nommé pour occuper toute la place.
Le travail a consisté à défaire une conviction, ce qui est infiniment plus long que d'en produire une. Il a fallu dix mois pour qu'il accepte de reprendre contact avec sa mère, et deux ans pour que la question de l'arrière-grand-père revienne — autrement, cette fois, sous forme d'interrogation et non de verdict.
Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.
Ces deux trajets tiennent dans une seule différence, et je la formule pour mes étudiants de la manière la plus abrupte possible : l'hypothèse transgénérationnelle doit ouvrir des questions, jamais en fermer. Le jour où elle produit une réponse, elle a cessé de travailler.
Limites, dérives et précautions éthiques
Il faut le dire sans détour : aucune discipline du champ psy n'a subi une dilution comparable. Sous le même mot cohabitent aujourd'hui un travail clinique adossé à Abraham et Torok, des week-ends de « libération des lignées », de la recherche d'archives, des lectures de thèmes astraux et des rituels payants censés dénouer une malédiction en une séance. Un confrère qui hausse les épaules quand il entend « psychogénéalogie » n'a pas tort de se méfier — il a tort de ne pas distinguer.
Aucun titre, aucun cadre réglementaire
La psychogénéalogie n'est ni un titre protégé ni une profession réglementée. N'importe qui peut s'en réclamer après trois jours de stage, sans supervision, sans formation clinique préalable, sans obligation déontologique. C'est le premier fait à énoncer, et un praticien sérieux gagne à l'énoncer lui-même avant qu'on le lui oppose.
Le risque de fabriquer des souvenirs
C'est le point qui devrait tous nous préoccuper. La suggestion, dans ce domaine, est d'une efficacité redoutable : un patient en souffrance à qui l'on propose une hypothèse sur un aïeul peut construire, en toute bonne foi, une conviction inébranlable à partir de rien. Les travaux sur la malléabilité de la mémoire nous ont appris à quel point un souvenir peut être installé par le contexte de sa recherche. Et les conséquences ne sont pas théoriques : des familles se brisent sur des accusations bâties en séance.
L'épigénétique invoquée comme caution scientifique
On lit partout que la science aurait « prouvé » la transmission transgénérationnelle. C'est aller très vite. Les travaux de Rachel Yehuda sur les descendants de survivants, ceux de Dias et Ressler sur le conditionnement olfactif chez la souris, sont réels et importants — mais ils portent sur des marqueurs biologiques, sur des effectifs limités, et les mécanismes chez l'humain restent discutés, sans qu'on puisse écarter la transmission par l'environnement et l'éducation. Rien là-dedans ne valide qu'un aïeul ruiné produise une phobie de l'argent trois générations plus tard. Un praticien qui brandit l'épigénétique pour authentifier sa pratique fait exactement ce qu'il reproche aux autres.
La coïncidence de dates est l'argument le plus séduisant de la discipline, et le plus fragile. Prenez trois générations, une vingtaine de personnes, une dizaine de dates marquantes chacune : le calcul des probabilités impose que des coïncidences apparaissent. En trouver ne démontre rien.
Cela ne veut pas dire qu'il n'y a rien à en faire. Quand un patient organise sa vie autour d'une date, ce qui compte n'est pas que la coïncidence soit statistiquement remarquable, mais qu'elle soit signifiante pour lui. Le fait clinique est l'investissement, pas la coïncidence. Confondre les deux est l'erreur la plus répandue du champ.
| Situation | Ce que l'approche apporte | Précaution |
|---|---|---|
| Symptôme sans ancrage biographique | Rend pensable ce qui paraissait absurde ; relance un travail bloqué | Formuler en hypothèse, jamais en explication |
| Secret de famille pressenti | Distingue le contenu du secret de ses effets, qui seuls nous concernent | Ne pas se faire enquêteur ; le dévoilement n'est pas un objectif thérapeutique |
| Deuils multiples, migrations, guerres | Redonne une place à ce que l'histoire collective a rendu indicible | Vérifier la capacité du patient à supporter ce qui remonte |
| État dépressif sévère, décompensation | — | Contre-indication : stabiliser d'abord, le transgénérationnel peut attendre |
| Patient arrivant avec sa propre thèse | — | Travailler la certitude elle-même avant tout contenu |
Se former à la psychogénéalogie : dans quel ordre
Une chose m'a frappée en construisant mon propre parcours de formation : la plupart des cursus disponibles enseignent des outils sans enseigner leurs origines. On y apprend à tracer un génosociogramme sans savoir qu'il vient de Schützenberger, qui le tenait de Moreno et des systémiciens. On y parle de loyauté sans avoir lu Boszormenyi-Nagy. On y évoque le fantôme sans avoir ouvert Abraham et Torok. Le résultat est prévisible : des praticiens qui appliquent correctement des gestes dont ils ne peuvent pas évaluer la portée — et qui, faute de savoir d'où vient une notion, ne savent pas non plus jusqu'où elle va.
Ce qui se travaille, concrètement : distinguer les quatre filiations et savoir dans laquelle on se tient à chaque instant ; construire et lire un génosociogramme, en tenant les oublis pour du matériau ; formuler une hypothèse transgénérationnelle qui reste une hypothèse ; repérer les situations où il faut suspendre ce travail ; et tenir la position éthique qui interdit de désigner un coupable dans une famille.
Victoria Herrmani
Psychologue clinicienne et psychothérapeute, diplômée d'un Master 2 de psychologie clinique et psychopathologie, inscrite auprès de l'ARS. Vingt-six ans de pratique, dont une quinzaine d'années en institution — milieu carcéral, psychiatrie, protection de l'enfance, aide aux victimes — avec une orientation psychanalytique, avant l'exercice libéral.
Formée ensuite aux grands courants de la psychothérapie : psychologie jungienne, Gestalt-thérapie, analyse transactionnelle, psychodrame, systémie, art-thérapie, thérapies brèves, hypnose. Fondatrice d'Ellipsy, organisme de formation certifié Qualiopi, et auteure d'ouvrages spécialisés en psychologie clinique et thérapies brèves.
- Master 2 psychologie clinique et psychopathologie
- 26 ans de pratique clinique
- Formatrice en psychogénéalogie
- Spécialisée en psychotraumatologie
- Organisme certifié Qualiopi
- Auteure d'ouvrages spécialisés
Le parcours qualifiantPraticien en psychogénéalogie : remonter aux sources avant d'apprendre les gestes
J'ai construit ce cursus pour répondre au problème décrit plus haut : la plupart des formations enseignent des outils sans enseigner leurs origines. On y trace un génosociogramme sans savoir qu'il vient de Schützenberger, qui le tenait de Moreno et des systémiciens. On y parle de loyauté sans avoir lu Boszormenyi-Nagy. On y évoque le fantôme sans avoir ouvert Abraham et Torok.
Un parcours qualifiant, pas un stage de trois jours. Six modules qui suivent l'ordre des filiations plutôt que celui des outils — parce qu'un praticien qui sait d'où vient une notion sait aussi jusqu'où elle va, et où elle doit s'arrêter.
Cursus e-learning · six modules progressifs · organisme certifié Qualiopi. Cette formation ne confère pas le titre de psychologue ni de psychothérapeute, réglementés en France.
Psychogénéalogie : pour aller aux sources
- Abraham N. & Torok M., L'Écorce et le noyau, 1978. La crypte et le fantôme. Le texte sans lequel la discipline n'existerait pas.
- Boszormenyi-Nagy I. & Spark G., Invisible Loyalties, 1973. Les loyautés, la dette, l'éthique relationnelle. Le versant systémique de la question.
- Bowen M., Family Therapy in Clinical Practice, 1978. Différenciation du soi et transmission multigénérationnelle ; l'origine du génogramme.
- Schützenberger A. A., Aïe, mes aïeux !, 1993. La synthèse française et l'invention du génosociogramme. À lire en connaissant ses sources.
- Tisseron S. et coll., Le Psychisme à l'épreuve des générations, 1995. Les degrés de l'indicible et la clinique du fantôme après Abraham et Torok.
- Yehuda R. et coll., travaux sur les descendants de survivants, à partir de 2015. Les données biologiques disponibles — et l'exacte mesure de ce qu'elles établissent.
Questions fréquentes sur la psychogénéalogie
La psychogénéalogie est-elle une thérapie reconnue ?
Non, et il est important de le dire. Ce n'est ni un titre protégé ni une profession réglementée en France : aucun diplôme d'État, aucun ordre, aucune obligation déontologique commune. C'est une manière de lire la clinique, adossée à des travaux psychanalytiques et systémiques solides, qui s'ajoute à une pratique thérapeutique sans la remplacer. Une formation en psychogénéalogie qualifie un praticien ; elle ne confère pas les titres de psychologue ou de psychothérapeute, qui sont réglementés.
Faut-il connaître son arbre généalogique pour entreprendre ce travail ?
Non, et c'est un contresens fréquent. Le matériau n'est pas l'état civil mais l'arbre tel que le patient le porte — avec ses trous, ses erreurs de date, ses branches oubliées. Une famille dont on ne sait rien est même souvent plus parlante qu'une famille documentée : le silence lui-même est une information. La recherche d'archives peut accompagner le travail, elle ne le conditionne pas.
Le syndrome d'anniversaire est-il démontré ?
Non, pas au sens statistique. Sur trois générations et des dizaines de dates marquantes, le calcul des probabilités prévoit des coïncidences : en trouver ne prouve rien. Ce qui a une valeur clinique n'est pas la coïncidence elle-même, mais l'investissement dont le patient la charge. Quand quelqu'un organise sa vie autour d'une date, c'est cet investissement qui se travaille, pas la statistique.
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