Approche systémique : le symptôme comme tentative de solution
Dans les années 1950, une poignée de chercheurs installés à Palo Alto renverse une évidence : le symptôme est aussi une réponse, et parfois la solution même qui entretient le problème. Histoire, concepts, deux vignettes en cabinet, et les objections que nous devons entendre.
Auteure
Victoria HerrmaniPsychologue clinicienne
Niveau
PsychologuesProfessionnels de l'accompagnement, étudiants avancés
Lecture
13 minutes2 700 mots
Prescrire le symptôme : une scène de cabinet
Julien prépare chacune de ses prises de parole en réunion comme un examen. Il écrit ses phrases la veille, les répète dans la voiture, les relit une dernière fois devant la machine à café. Et chaque lundi, il bafouille. À la quatrième séance, je lui demande de se tromper exprès, une fois, sur un mot sans importance, et de noter la réaction de ses collègues. Il me regarde longuement. Puis il rit, pour la première fois depuis que nous nous connaissons.
Je ne lui ai rien expliqué de son anxiété. Je lui ai demandé de faire l'inverse de ce qu'il fait depuis quinze ans.
Approche systémique : pourquoi le problème persiste
Toute psychothérapie rencontre un jour cette question : pourquoi une difficulté dure-t-elle, alors que le patient fait tout pour s'en débarrasser ? La réponse classique cherche en amont une cause, un conflit, une histoire.
L'approche systémique a déplacé la question. Elle ne demande plus d'abord pourquoi le symptôme est apparu, mais ce qui le maintient aujourd'hui. Et sa réponse a fait scandale : ce qui entretient le problème, c'est bien souvent ce que l'on fait pour le résoudre. Julien prépare, donc il se crispe ; il se crispe, donc il prépare davantage. La difficulté ne loge plus seulement dans la personne. Elle circule dans une boucle, entre des gestes et des réponses qui s'entretiennent.
Le déplacement paraît technique. Il a pourtant produit une révolution. Le symptôme cesse d'être un défaut à corriger : il devient une tentative d'ajustement, logique dans son contexte, qui a échoué et que l'on répète. De là naît une clinique non fataliste, stratège, parfois ludique : celle que nous appelons aujourd'hui les thérapies brèves.
Les origines de l'approche systémique : de la cybernétique à l'école de Palo Alto
Bateson, la cybernétique et le projet de Palo Alto
La systémie ne naît pas dans un cabinet, mais autour d'une table de mathématiciens et d'anthropologues. De 1946 à 1953, les conférences Macy réunissent à New York Norbert Wiener, Margaret Mead et Gregory Bateson. Ils y fondent une science de la régulation : la cybernétique. Un thermostat, un organisme et une famille obéissent à la même logique : l'information qui revient corrige ou amplifie le mouvement. On nomme ce retour la rétroaction.
En 1952, Bateson obtient un financement pour étudier les paradoxes de la communication. Il s'installe près de l'hôpital des vétérans de Menlo Park et recrute Jay Haley, John Weakland, puis le psychiatre Don Jackson. En 1956, l'équipe publie Vers une théorie de la schizophrénie et y décrit le double lien. Haley et Weakland consultent aussi régulièrement Milton Erickson, à Phoenix. Son art d'utiliser la résistance du patient, au lieu de la combattre, nourrira toute la suite.
Qu'est-ce que l'école de Palo Alto ?
On appelle école de Palo Alto le groupe de chercheurs et de cliniciens réunis autour de Bateson, puis du Mental Research Institute. En 1959, Don Jackson fonde le Mental Research Institute. Virginia Satir et Paul Watzlawick le rejoignent. En 1966, Richard Fisch y ouvre le Brief Therapy Center avec Weakland et Watzlawick. Le principe est simple et provocant : dix séances au plus, centrées sur le problème tel que le patient le formule et sur ce qu'il a déjà essayé. Deux livres en sortent et font le tour du monde : Une logique de la communication (1967) et Changements (1974). Haley, parti vers l'Est, formalise la thérapie stratégique.
L'Europe s'en empare : Milan, Arezzo, Bruxelles et Paris
En Europe, la systémie ne rencontre pas un terrain vierge : elle rencontre la psychanalyse. À Milan, Mara Selvini Palazzoli, psychanalyste confrontée à ses échecs auprès de jeunes patientes anorexiques, découvre les textes de Palo Alto. Avec Luigi Boscolo, Gianfranco Cecchin et Giuliana Prata, elle publie en 1975 Paradoxe et contre-paradoxe, puis élabore le questionnement circulaire. À Arezzo, Giorgio Nardone fonde en 1987, avec Watzlawick, le Centre de thérapie stratégique. Il y transforme les intuitions de Palo Alto en protocoles précis pour les phobies et les obsessions.
Le monde francophone suit un chemin plus métissé. À Bruxelles, Mony Elkaïm introduit la notion de résonance : ce que la famille fait vibrer dans l'histoire du thérapeute appartient au système. À Paris, Robert Neuburger, psychiatre et psychanalyste, articule la lecture systémique avec le mythe familial et la question de la demande. La France a reçu Palo Alto par la psychanalyse, et non contre elle.
Milwaukee, Adélaïde, Auckland : les héritiers de Palo Alto
En 1978, Steve de Shazer et Insoo Kim Berg fondent à Milwaukee le Brief Family Therapy Center. Proche de Weakland, de Shazer retourne la question de Palo Alto : puisque le problème se maintient par une boucle, cherchons les moments où la boucle ne tourne pas. C'est la thérapie orientée solution, avec ses exceptions, ses échelles et sa célèbre question miracle. En Australie et en Nouvelle-Zélande, Michael White et David Epston, lecteurs de Bateson autant que de Foucault, fondent la thérapie narrative, qui sépare la personne de son problème. Toutes ces approches partagent une même logique. Elles refusent la fatalité, visent l'effet, pensent en stratèges et s'autorisent le jeu.
Homéostasie, double lien et changement : les concepts clés de la thérapie systémique
Trois notions suffisent pour entrer dans la logique systémique.
Qu'est-ce que l'homéostasie familiale ?
L'homéostasie familiale désigne la tendance d'un système à préserver son équilibre, même au prix d'un symptôme. En 1957, Don Jackson observe un phénomène troublant : lorsqu'un patient hospitalisé va mieux, un autre membre de sa famille décompense, ou la famille le retire de l'hôpital. Il en tire la notion d'homéostasie familiale : l'équilibre du groupe peut coûter cher à l'un de ses membres. Le symptôme remplit alors une fonction : il détourne un conflit conjugal, retient un parent, stabilise une alliance. On parle depuis de « patient désigné » pour nommer celui qui porte le symptôme au nom du groupe.
Qu'est-ce que le double lien ?
Le double lien décrit une communication sans issue. Un message en contredit un autre, à un autre niveau, et la personne ne peut ni relever la contradiction ni quitter la relation. Bateson rapporte la visite d'une mère à son fils hospitalisé. Il l'enlace, elle se raidit ; il retire son bras, elle lui demande s'il ne l'aime plus. Quoi qu'il fasse, il a tort. La théorie a pourtant donné aux cliniciens un outil précieux : distinguer, dans chaque message, le contenu et la relation.
Changement de type 1 et de type 2 : quelle différence ?
Le changement de type 2 modifie les règles d'un système, là où le type 1 se contente d'en varier les réponses. En 1974, Watzlawick, Weakland et Fisch distinguent deux types de changement. Le premier se produit à l'intérieur du système sans en modifier les règles : on fait plus, mieux, plus fort. Le second modifie les règles elles-mêmes. Celui qui fait un cauchemar peut courir, se cacher, crier : tout cela se passe encore dans le rêve, et seul le réveil change de niveau. Les tentatives de solution appartiennent presque toujours au premier type, c'est pourquoi elles échouent. La thérapie cherche le second.
Ces notions ont produit une boîte à outils que nous utilisons chaque semaine. Le recadrage change le sens d'une situation sans en changer les faits. La prescription de tâches déplace le travail entre les séances, car le changement naît d'une expérience vécue plus que d'une explication. Le paradoxe, enfin, prescrit le symptôme lui-même : demander au patient de produire volontairement ce qu'il subit l'oblige à en reprendre la commande, ou à y renoncer. Nardone a porté l'art jusqu'à la question « comment pourriez-vous faire pire ? », qui fait rire les patients avant de les éclairer. Ces gestes se travaillent en détail dans nos formations de systémie à la carte.
Nadia, quarante-six ans, ne dort plus. Elle a tout essayé : tisanes, exercices de respiration, écrans bannis. Chaque soir, elle s'allonge en se répétant qu'il faut dormir, et cet effort la tient éveillée. Je lui propose une tâche inverse : se lever dès la première insomnie et repasser le linge, dans la pièce la plus fraîche de la maison, jusqu'à ce que l'envie de se recoucher devienne impérieuse.
Elle ne repassera que deux fois. Le sommeil revient dès qu'elle cesse de vouloir le commander.
Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.
La thérapie systémique en individuel : deux vignettes
Les deux situations qui suivent ont un point commun : un seul patient dans la pièce. Le système, lui, est là tout entier.
Trois semaines sans une question
Anne, quarante-neuf ans, consulte seule. Son fils Lucas, seize ans, « ne fait plus rien » : il se lève à midi, délaisse le lycée, répond par monosyllabes. Anne a tout tenté. Elle le réveille trois fois chaque matin, surveille l'application du lycée, négocie, menace. Plus elle relance, plus Lucas se retire ; plus il se retire, plus elle relance. Le père est parti il y a deux ans.
Je ne propose pas de recevoir Lucas. Je propose à Anne une tâche d'observation : pendant deux semaines, elle ne pose aucune question sur le lycée et note ce que fait son fils quand personne ne lui demande rien. Je recadre aussi : son insistance est une preuve d'amour que Lucas ne peut plus recevoir, parce qu'elle lui laisse un seul rôle, celui de l'opposant. Anne revient furieuse la première fois. À la troisième séance, elle raconte que Lucas lui a demandé de l'aide pour un dossier d'orientation. Nous travaillons ensuite ce que sa vigilance protégeait : une solitude qu'elle n'avait jamais nommée depuis la séparation.
Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.
Observez ce qui a changé : seule la place d'Anne dans la boucle a bougé. Un seul membre du système a modifié sa réponse, et le système entier s'est réorganisé. C'est l'argument le plus fort de la systémie en cabinet : nous n'avons pas besoin de tout le monde dans la pièce pour que tout le monde bouge.
Des « disputes » qui cachaient une emprise
Sarah, trente-quatre ans, arrive après un premier suivi de six mois. Elle le raconte sans amertume. Sa thérapeute précédente l'a aidée à travailler « sa part » des disputes conjugales : il critique, elle se justifie ; elle se justifie, il durcit le ton. On lui a proposé des tâches de désescalade. Elle les a appliquées avec zèle, et les disputes n'ont pas diminué. Elle en a conclu qu'elle s'y prenait mal.
À notre troisième séance, elle dit presque en passant qu'elle a peur de rentrer le soir, qu'il a cassé son téléphone et qu'elle ne voit plus ses amies. Personne ne lui avait posé la question. La lecture circulaire avait pris une emprise pour une escalade symétrique. En l'invitant à modifier sa part de la boucle, elle lui attribuait une part de responsabilité dans la violence qu'elle subissait. Nous avons changé de cadre : évaluation de la sécurité, orientation vers une association spécialisée, travail sur l'isolement. La lecture systémique est revenue plus tard, pour soutenir la sortie de l'emprise.
Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible. En France, le 3919 écoute et oriente les victimes de violences conjugales, gratuitement.
L'erreur ne tient pas à la personne du thérapeute : elle tient à la grille, appliquée hors de son domaine. La causalité circulaire décrit bien les interactions entre deux personnes qui disposent d'un pouvoir comparable. Appliquée à la violence, elle dilue la responsabilité de l'auteur et expose la victime.
Limites et controverses de l'approche systémique
Le double lien et la schizophrénie : une hypothèse abandonnée
La théorie de 1956 prétendait éclairer l'origine de la schizophrénie. Elle n'a jamais été confirmée. Les familles l'ont payée cher : elles se sont senties accusées par des thérapeutes qui voulaient justement sortir de la logique du coupable. Le concept reste précieux pour lire la communication ; il n'explique pas les psychoses.
Le paradoxe : stratégie ou manipulation ?
La thérapie stratégique a été accusée de manipulation, et l'accusation mérite d'être entendue. Prescrire le symptôme sans l'expliquer, c'est agir sur le patient à son insu. Palo Alto répond qu'aucune intervention n'est neutre. Les héritiers ont pourtant infléchi la pratique : de Shazer a remplacé le paradoxe par la coopération, White par la construction partagée du sens. Nous considérons aujourd'hui qu'un paradoxe demande une alliance solide, et qu'il n'a pas sa place auprès d'un patient en crise suicidaire ou en effondrement dépressif.
Un homme de cinquante ans, déprimé depuis près d'un an, me raconte pourquoi il a quitté son thérapeute précédent. À la troisième séance, il lui avait confié qu'il n'arriverait jamais à rien. Le thérapeute avait répondu, en souriant : « Alors surtout, ne changez rien trop vite. » Chez un patient anxieux, cette restriction aurait détendu. Lui y a entendu une confirmation : même son thérapeute n'attendait plus rien de lui. Il n'est jamais revenu, et il lui a fallu un an pour oser consulter de nouveau.
Le même paradoxe produit des effets opposés selon l'état du patient qui le reçoit.
Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.
La critique féministe : la circularité face à la violence
À partir de la fin des années 1970, Rachel Hare-Mustin puis Virginia Goldner reprochent à la thérapie familiale sa neutralité revendiquée. En décrivant des boucles sans auteur, elle ignorait les rapports de pouvoir et les inégalités entre les sexes. La critique a porté. Les formations sérieuses enseignent désormais que la violence sort du cadre de la causalité circulaire, et que la sécurité précède toute stratégie.
Les données d'efficacité : un bilan contrasté
L'Allemagne reconnaît la thérapie systémique comme scientifiquement fondée depuis 2008, et l'assurance maladie la prend en charge pour les adultes depuis 2020. Plusieurs méta-analyses soutiennent son efficacité, en particulier chez l'enfant et l'adolescent. La thérapie orientée solution montre des résultats réguliers mais modestes. Les taux de réussite très élevés qu'annonce la thérapie brève stratégique proviennent surtout des centres de Nardone : ils attendent encore des réplications indépendantes. Nos outils sont puissants, et ils méritent d'être évalués avec la même rigueur que les autres.
Penser système en cabinet : l'approche systémique comme regard
Une idée reçue reste tenace : la systémie serait réservée aux familles, aux couples et aux groupes. L'histoire dit le contraire. Fisch, Weakland et Segal ont décrit dans Tactiques du changement comment conduire ce travail avec la seule personne qui consulte. La systémie désigne moins un dispositif qu'un regard. La thérapie systémique individuelle applique cette lecture à une seule personne : sa place dans ses relations, dans sa famille intériorisée et entre ses propres parties. Nous prenons de la hauteur, nous cherchons les boucles plutôt que les causes, et nous nous demandons à quoi sert ce qui dysfonctionne.
Ce regard vaut aussi à l'échelle d'une seule personne. Le corps et l'esprit forment un système : l'insomnie de Nadia entretenait l'angoisse, qui entretenait l'insomnie. La famille continue d'habiter le patient longtemps après qu'il l'a quittée, avec ses règles, ses loyautés et ses voix : c'est la famille intériorisée. Et le psychisme lui-même se décrit comme un ensemble de parties en interaction, qui s'allient, se protègent et se disputent.
Richard Schwartz, le fondateur de l'IFS, était d'abord thérapeute familial. Il a appliqué à l'intérieur du patient ce qu'il avait appris à observer entre les membres d'une famille. Le Voice Dialogue de Hal et Sidra Stone et la thérapie des états du moi de John et Helen Watkins partagent cette parenté. Nous consacrerons un prochain article à ces thérapies dialogiques.
Il reste une compétence que ce texte ne peut pas transmettre : savoir quand intervenir sur la boucle, et quand la laisser tourner le temps de comprendre ce qu'elle protège. Cette compétence se travaille, cas après cas, jusqu'à devenir un réflexe clinique.
Victoria Herrmani
Psychologue clinicienne et psychothérapeute, diplômée d'un Master 2 de psychologie clinique et psychopathologie, inscrite auprès de l'ARS. Vingt-six ans de pratique, dont une quinzaine d'années en institution — milieu carcéral, psychiatrie, protection de l'enfance, aide aux victimes — avec une orientation psychanalytique, avant l'exercice libéral.
Formée ensuite aux grands courants de la psychothérapie : systémie, thérapies brèves, Gestalt-thérapie, psychologie jungienne, analyse transactionnelle, psychodrame, art-thérapie, hypnose. Fondatrice d'Ellipsy, organisme de formation certifié Qualiopi, et auteure d'ouvrages spécialisés, dont un traité de pratique des constellations familiales et systémiques.
- Master 2 psychologie clinique et psychopathologie
- 26 ans de pratique clinique
- Systémie et thérapies brèves
- Spécialisée en psychotraumatologie
- Organisme certifié Qualiopi
- Auteure d'ouvrages spécialisés
Le parcoursApproche systémique : la posture, les concepts et les outils stratégiques pour votre pratique
La thérapie familiale s'est longtemps transmise en institut, sur plusieurs années, avec une supervision de groupe, et cette tradition a formé d'excellents cliniciens. Nous avons conçu nos parcours pour deux situations précises : celle des professionnels en exercice qui veulent intégrer la lecture systémique à leur pratique, et celle des personnes en reconversion qui construisent un métier.
C'est une ossature pour l'intervention, et non pas un inventaire. Nous travaillons un noyau de notions et de gestes, et nous le reprenons jusqu'à ce qu'il devienne opérant en séance.
Parcours Praticien en thérapie familiale systémique : 350 h, 12 modules, de 3 à 12 mois · Formations de systémie à la carte · E-learning, entrées permanentes · Organisme certifié Qualiopi. Ces formations ne confèrent pas le titre de psychologue ni celui de psychothérapeute, réglementés en France.
Approche systémique : pour aller aux sources
- Herrmani V., Pratiquer les Constellations Familiales et Systémiques. Philosophie, posture et protocoles. La lecture systémique des loyautés, mise en pratique dans l'espace.
- Watzlawick P., Beavin J. H., Jackson D. D., Une logique de la communication, Seuil, 1972 (1967). Les axiomes de la communication : le texte qui a fait connaître Palo Alto.
- Watzlawick P., Weakland J., Fisch R., Changements. Paradoxes et psychothérapie, Seuil, 1975 (1974). Changement de type 1 et 2, tentatives de solution, recadrage.
- Selvini Palazzoli M., Boscolo L., Cecchin G., Prata G., Paradoxe et contre-paradoxe, ESF, 1978 (1975). L'école de Milan, entre psychanalyse et stratégie.
- Nardone G., Watzlawick P., L'Art du changement, L'Esprit du temps, 1993. La thérapie brève stratégique et ses protocoles.
- De Shazer S., Clés et solutions en thérapie brève, Satas, 1999 (1985). Le tournant orienté solution.
Questions fréquentes sur l'approche systémique
La thérapie systémique est-elle réservée aux familles ?
Non. La thérapie systémique s'est fait connaître par la thérapie familiale, mais elle désigne d'abord un regard : on s'intéresse aux boucles qui maintiennent un problème plutôt qu'à sa seule cause. Elle se pratique couramment en individuel, en cabinet, en travaillant la place du patient dans ses relations et dans sa famille intériorisée.
Quelle différence entre approche systémique et thérapie brève stratégique ?
L'approche systémique est le cadre de pensée né des travaux de Bateson et de l'école de Palo Alto. La thérapie brève stratégique en est une application : elle cible les tentatives de solution qui entretiennent le problème et les bloque par des interventions précises, recadrages, prescriptions de tâches ou paradoxes. Giorgio Nardone en a développé des protocoles pour les phobies et les obsessions.
Faut-il être psychologue pour se former à l'approche systémique ?
Non. Les formations s'adressent aux psychologues et psychothérapeutes, aux professionnels du soin, du social et de l'accompagnement, ainsi qu'aux personnes en reconversion. En France, les titres de psychologue et de psychothérapeute sont réglementés : une formation en thérapie systémique ne les confère pas. Elle qualifie une pratique, sous l'appellation de praticien.
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