Thérapie des schémas : soigner ce qui s'est inscrit avant les mots
Née dans le laboratoire de la thérapie cognitive, d'un constat que ses fondateurs n'arrivaient pas à traiter : certains patients comprennent tout et ne changent rien. Généalogie, schémas précoces, modes, reparentage limité — et les confusions qu'il faut défaire.
Auteure
Victoria HerrmaniPsychologue clinicienne
Niveau
PsychologuesProfessionnels de l'accompagnement, étudiants avancés
Lecture
15 minutes3 600 mots
Restructuration cognitive : quand comprendre ne suffit plus
Hélène a quarante et un ans et six mois de thérapie cognitive derrière elle. Ses tableaux d'enregistrement des pensées sont impeccables : colonne des faits, colonne de l'interprétation, colonne de la pensée alternative. Elle a raison à chaque ligne. Puis elle lève les yeux et dit : « Je sais qu'il ne va pas me quitter. Je le sais. Mais quand il rentre en retard, j'ai sept ans et je suis seule dans le couloir. »
Ce « mais » est tout le sujet de cet article. Il sépare deux registres de conviction qui, chez elle, ne communiquent pas : ce qu'elle tient pour vrai, et ce qu'elle éprouve comme vrai.
Thérapie des schémas : pourquoi savoir ne suffit pas à changer
Nous connaissons tous cette scène. Le patient a compris le modèle, il l'applique, il le défend mieux que nous — et la semaine suivante, il se comporte exactement comme avant. Nous nommons ce décalage résistance, défaut d'observance ou bénéfice secondaire, selon notre école et notre patience.
La thérapie des schémas propose une lecture vérifiable en séance : si la conviction n'obéit pas à l'argument, c'est qu'elle n'a jamais été construite par l'argument. Elle s'est déposée plus tôt, dans la répétition d'expériences relationnelles précoces, avant que l'enfant ne dispose des mots pour la mettre en doute. Ce n'est pas une erreur de raisonnement à corriger, mais une mémoire affective à rejoindre.
L'objet du travail s'en trouve déplacé. Une approche cognitivo-comportementale demande : cette pensée est-elle exacte, et que se passe-t-il si vous faites autrement ? Une approche par les schémas demande : de quoi ce sentiment est-il le souvenir, quel besoin est resté sans réponse, et comment y répondre ici, entre nous. Les deux questions sont bonnes, elles ne s'adressent pas au même niveau chez la personne.
Histoire de la thérapie des schémas : de la TCC à l'approche développementale
À la fin des années 1970, Aaron Beck vient de donner à la thérapie cognitive sa forme canonique. Le protocole publié en 1979 pour la dépression est court, reproductible, évaluable, et il marche assez bien pour qu'on le décline aussitôt sur à peu près tout. Mais il laisse un résidu, et ce résidu ne diminue pas.
C'est dans le centre de Beck, à Philadelphie, au début des années 1980, qu'un jeune clinicien nommé Jeffrey Young se voit confier ce résidu. Il supervise, il forme, et il regarde de près les patients qui échouent. Trois observations reviennent. Ils ne font pas les exercices entre les séances, non par mauvaise volonté mais parce que la tâche les met en danger. Ils n'accèdent pas à leurs pensées automatiques, parce qu'un évitement très ancien s'interpose avant. Et ce qui les fait souffrir se rejoue dans la relation avec le thérapeute, où le protocole ne prévoit rien.
Young en tire une hypothèse coûteuse : ces patients ne souffrent pas d'un trouble ponctuel posé sur un fond sain, mais d'une manière d'être au monde constituée tôt et qui se confirme elle-même. En 1990 paraît Cognitive Therapy for Personality Disorders: A Schema-Focused Approach, où il décrit quinze schémas précoces inadaptés. Le terme est emprunté à Beck, l'objet ne l'est plus.
Ce qui rend le modèle intéressant, c'est ce que Young est allé chercher ailleurs : chez Piaget, une structure mentale qui assimile le nouveau à l'ancien au lieu de s'y ajuster ; chez John Bowlby, les modèles internes opérants, cette carte des relations que l'enfant construit à partir de la disponibilité de ses figures d'attachement ; chez Ferenczi puis Franz Alexander, l'expérience émotionnelle correctrice, dont dérive le reparentage limité ; chez la Gestalt-thérapie et le psychodrame, les dialogues de chaises dont naîtront les dialogues de modes.
En 1994, Je réinvente ma vie porte le modèle au grand public et installe le malentendu durable : l'idée que les schémas forment une typologie dans laquelle on se reconnaît. La bascule décisive vient en 2003, avec Schema Therapy: A Practitioner's Guide, signé avec Janet Klosko et Marjorie Weishaar. Les schémas y sont dix-huit, rangés en cinq domaines adossés chacun à un besoin affectif de l'enfance, et le livre introduit les modes : l'état émotionnel dans lequel le patient se trouve à l'instant précis où nous lui parlons. C'est ce concept qui rend l'approche praticable avec les patients les plus instables, et qui lui vaut trois ans plus tard sa première validation — l'essai néerlandais de Josephine Giesen-Bloo et Arnoud Arntz sur le trouble borderline.
En France, la greffe se fait par la voie cognitiviste : Jean Cottraux publie La répétition des scénarios de vie en 2001, Bernard Pascal donne en 2015 le premier manuel francophone utilisable en cabinet.
Schémas précoces inadaptés, styles d'adaptation et modes
Trois notions suffisent. La première est le schéma précoce inadapté, qui se forme à la rencontre de deux données : un besoin affectif fondamental resté sans réponse suffisante, et le tempérament propre de l'enfant, qui décide de la manière dont ce manque sera encaissé. Deux enfants d'une même famille ne fabriquent pas les mêmes schémas. Le résultat n'est pas une idée sur soi, mais un thème chargé d'affect et de sensations, qui se réactive tel quel à cinquante ans dans un couloir d'entrée.
La deuxième explique pourquoi le temps ne guérit rien. Face à un schéma qui menace de s'activer, chacun développe une manière d'y faire face, et Young en décrit trois. La capitulation : je vis comme si c'était vrai. L'évitement : j'organise ma vie pour ne jamais me trouver là où ça pourrait se réveiller. L'hypercompensation : je démontre bruyamment le contraire. La conséquence clinique est décisive, car un même schéma produit des conduites opposées : l'abandon peut aussi bien donner le patient collé à son partenaire que celui qui ne s'attache jamais.
La troisième notion, celle de mode, a rendu l'approche utilisable avec les patients les plus difficiles. Un schéma est une disposition durable ; un mode est l'état dans lequel la personne se trouve maintenant, produit par un schéma activé et par la manière dont elle y fait face. Quatre familles : les modes enfant, où la souffrance ancienne est éprouvée telle quelle ; les modes parentaux intériorisés, qui reprennent la voix de ceux qui exigeaient ou punissaient ; les modes d'adaptation, qui protègent au prix du contact, dont le Protecteur détaché est l'exemple le plus fréquent ; et l'Adulte sain, qui n'est pas un état de grâce mais une fonction, celle qui arbitre entre les autres.
Le levier porte un nom : le reparentage limité. Il consiste à offrir, dans le cadre professionnel et dans ses limites, une part de ce qui a manqué — de la constance, de la validation, une limite tenue sans hostilité. Ce n'est ni de la gentillesse ni de la réparation par procuration, mais une intervention ciblée : on identifie le besoin qui s'exprime sous le mode et on y répond dans la séance, avant que le patient sache y répondre lui-même.
Un patient s'excuse de pleurer. En lecture par modes : l'Enfant vulnérable vient d'apparaître, et le Parent exigeant l'a immédiatement rappelé à l'ordre. Deux instances parlent dans la même phrase.
Avec Karim, trente-neuf ans, je cesse de rassurer et je m'adresse à la seconde : « Qui vous a appris qu'il fallait s'excuser de ça ? » Il répond sans réfléchir, et c'est le prénom de son père qui sort. Nous avons travaillé dix-huit mois sur cette voix-là, et non sur les larmes.
Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.
Reste la carte que tout praticien finit par afficher quelque part : les dix-huit schémas de 2003, rangés sous les cinq besoins dont ils signalent la frustration. Elle n'est utile que lue dans ce sens — comme un inventaire de besoins, et non comme un catalogue de profils.
Reparentage limité et imagerie : deux séances à l'épreuve
Le couloir, et quelqu'un qui entre
Reprenons Hélène. Nous abandonnons les tableaux et je lui propose de retrouver la sensation du retard, puis de laisser venir une image ancienne sans la choisir. Le couloir arrive en quelques secondes : elle a sept ans, la maison est vide, sa mère est hospitalisée et personne ne lui a dit pour combien de temps. Elle n'est pas maltraitée. Elle est seule avec une information qu'on ne lui donne pas.
Dans un second temps, j'entre dans l'image. Pas elle adulte — moi. Je m'adresse à l'enfant du couloir, je lui dis ce que personne ne lui avait dit, et je reste. Hélène pleure d'une manière qui ne ressemble pas à ses larmes habituelles : sans excuse et sans commentaire. Nous reprendrons cette scène quatre fois en trois mois, et c'est elle qui finira par y entrer à ma place. Ce qui a changé n'est pas sa lecture de la situation, déjà juste : c'est le statut du retard de son mari, qui a cessé d'être la reprise d'une phrase qu'on ne lui avait pas dite.
Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.
Notons ce qui a rendu la séquence possible : ce n'est pas la technique, c'est l'ordre. Nous avons passé quatre mois à établir une relation assez sûre pour que l'image vienne sans protection. Une réécriture d'image mentale menée sans ce préalable ne produit pas une réparation, elle produit une effraction.
Le patient qui parlait déjà la langue
Julien, trente-six ans, arrive à la première séance avec un vocabulaire complet. Il connaît son schéma dominant, il nomme son Protecteur détaché, il a fait deux stages de travail avec les parts intérieures, qu'on appelle aussi les parties. Il parle de son Enfant vulnérable comme d'un colocataire difficile. Tout est exact, et rien ne bouge depuis deux ans.
Le vocabulaire lui-même était devenu le dispositif d'évitement : en nommant l'état, il se dispensait de l'éprouver. Chaque fois que quelque chose montait, une étiquette arrivait d'abord et refermait l'accès. Le modèle n'échouait pas, il avait été récupéré par ce qu'il était censé traiter.
Nous avons cessé d'employer les termes pendant deux mois. Plus de modes, plus de schémas, plus d'enfant. Seulement ce qui se passait dans son corps. La première fois qu'il a dit « je ne sais pas ce que c'est », le travail a commencé.
Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.
Cette séance-là m'a plus appris que dix séances réussies. Un modèle bien construit offre à certains patients exactement ce dont leur schéma a besoin pour se mettre à l'abri : une explication propre, complète, et qui ne fait rien sentir. Ce risque a beaucoup augmenté ces dernières années.
Limites de la thérapie des schémas et confusions actuelles
Dix-huit ou vingt et un schémas précoces inadaptés ? La refondation en cours
Le modèle que nous enseignons date de 2003, et ses propres auteurs le révisent. Premier chantier, l'architecture. En 2018, Bo Bach, George Lockwood et Jeffrey Young lui-même reprennent les dix-huit schémas sur un large échantillon danois et n'en retrouvent pas cinq domaines, mais quatre : séparation et rejet, manque d'autonomie et de performance, responsabilité et exigences excessives, manque de limites. L'orientation vers autrui et la survigilance, qui posaient depuis longtemps des problèmes de recouvrement, se redistribuent.
Le second chantier est plus profond. Un groupe international réuni autour d'Arnoud Arntz et Marleen Rijkeboer, dont la position a paru en 2021, constate qu'il manque deux besoins dans la liste de Young : la cohérence de soi et la justice. Trois schémas nouveaux en dérivent — absence d'identité cohérente, absence de monde signifiant, injustice — ce qui porte le total à vingt et un. Le même texte rebaptise deux manières de faire face : la capitulation devient résignation, l'hypercompensation devient inversion, pour souligner qu'il s'agit d'opérations mentales internes et non de réponses à une menace extérieure. Enfin, en croisant chaque schéma avec chaque manière d'y faire face, le groupe propose quarante modes là où le modèle d'origine en décrivait une dizaine.
Ce n'est pas une querelle de nomenclature. Les trois schémas ajoutés décrivent des patients que le modèle ne savait pas loger : ceux qui éprouvent leur identité comme discontinue, ceux qui vivent un monde vidé de sens, ceux dont toute la souffrance s'organise autour du sentiment d'avoir été lésés. Ces propositions attendent leur validation, et il serait imprudent d'enseigner la version de 2021 comme un acquis.
Modes et états du Moi : la confusion avec l'analyse transactionnelle
C'est la confusion la plus fréquente, et elle se comprend : un patient qui passe d'un Parent punitif à un Enfant vulnérable en une phrase évoque irrésistiblement ce qu'Eric Berne décrivait dès 1961 sous le nom d'états du Moi. Les mots sont presque les mêmes, les objets ne le sont pas. Un état du Moi, en analyse transactionnelle, est une instance stable de la personnalité, présente chez chacun et saine par principe ; on l'étudie à travers les transactions, les jeux et le scénario de vie. Un mode est un état transitoire, défini par sa composition : un schéma activé plus une manière d'y faire face. On ne l'analyse pas, on identifie le besoin qu'il signale et on y répond. L'analyse transactionnelle éclaire la relation, les modes éclairent l'histoire affective.
Enfant intérieur et Enfant vulnérable : une filiation jungienne
L'autre voisinage trompeur est celui de l'enfant intérieur. La notion ne vient ni de Young ni de la TCC : elle vient de Jung, qui décrit en 1941 avec Károly Kerényi la figure archétypique de l'enfant divin, porteuse de renouvellement et de totalité. Hugh Missildine la fait passer dans la clinique en 1963, John Bradshaw la popularise massivement en 1990.
La différence est ontologique. L'enfant intérieur est une figure chargée d'un potentiel, et le travail vise l'individuation. L'Enfant vulnérable est un état défini par un besoin frustré, et le travail vise la satisfaction de ce besoin. Celui qui les confond cherche de la ressource là où il y a une carence, ou traite comme une carence ce qui était une ressource.
Approches dialogiques et IFS : un essor, et la bouillie qui va avec
Tout cela se produit dans un moment particulier. Les approches qui font parler plusieurs voix à l'intérieur d'une même personne sont en plein essor : les systèmes familiaux intérieurs de Richard Schwartz depuis 1995, le dialogue intérieur de Hal et Sidra Stone, la thérapie des états du moi des Watkins, les sous-personnalités de la psychosynthèse, les dialogues de chaises hérités du psychodrame et de la Gestalt. La ressemblance est réelle et elle correspond à quelque chose de juste : le sujet n'est pas d'une seule pièce.
Le revers est considérable. La vulgarisation en ligne, et le flot de contenus générés automatiquement qui la recopie sans rien vérifier, mélange les parts de l'IFS — ou parties —, les modes de la thérapie des schémas et l'enfant intérieur jungien, qui n'ont ni la même origine, ni le même statut, ni le même levier. Nos patients arrivent avec ce vocabulaire et sans le modèle qui va avec. Certains y trouvent une entrée précieuse ; d'autres, comme Julien, une nouvelle manière de ne rien sentir.
| Ce qui parle | D'où vient la notion | Ce qu'on en fait |
|---|---|---|
| Le mode | Young, 2003. État momentané né d'un schéma activé et d'une manière d'y faire face. | On repère le besoin sous l'état et on y répond par le reparentage limité. |
| L'état du Moi | Berne, 1961. Instance stable de la personnalité : Parent, Adulte, Enfant. | On analyse les transactions et le scénario, on contracte un changement. |
| L'enfant intérieur | Jung et Kerényi, 1941. Figure archétypique, popularisée par Bradshaw en 1990. | On restaure le lien à une part vivante, dans une visée d'individuation. |
| La partie (ou « part ») | Schwartz, 1995. Sous-personnalité autonome, dotée d'une intention protectrice. | On négocie avec les protecteurs avant d'approcher les parties exilées. |
Efficacité de la thérapie des schémas : ce que disent les essais
La thérapie des schémas est l'une des rares approches intégratives à disposer d'essais contrôlés sérieux : l'essai néerlandais de 2006 sur le trouble borderline, celui de Joan Farrell en 2009 sur le format groupal, l'essai multicentrique de Lotte Bamelis en 2014, puis l'essai international publié en 2022 dans JAMA Psychiatry. L'ampleur des résultats est réelle chez des patients réputés difficiles à garder en traitement. Trois réserves, qu'il vaut mieux énoncer nous-mêmes : la preuve se concentre sur les troubles de la personnalité et reste fragile ailleurs ; les durées étudiées sont longues, deux à trois ans dans les essais sur le trouble borderline ; et le questionnaire de Young n'est pas un instrument de diagnostic, mais un support de dialogue dont le résultat s'explore avec le patient au lieu de lui être annoncé.
Une patiente revient sans cesse sur l'injustice de ce qu'elle a subi. Première lecture, celle de 2003 : aucun schéma d'injustice n'existe, je range donc cela sous le manque affectif, et j'y entends une hypercompensation.
Seconde lecture, celle de 2021 : le besoin frustré est celui de justice, il a son schéma propre, et le mode qui parle est un Enfant lésé. Je ne relativise plus la plainte, je reconnais le tort. J'ai pratiqué les deux, et la seconde tient mieux — ce qui ne suffit pas à la valider, mais suffit à me rendre prudente avec la première.
Situation composite, éléments modifiés, aucune identification possible.
Se former à la thérapie des schémas : ce qui se travaille
Il y a une chose que ce texte ne peut pas transmettre, et je préfère le dire franchement : le moment où l'on s'adresse au mode plutôt qu'au contenu ne relève ni de la théorie ni de la technique. Il relève d'une attention entraînée, et d'une connaissance assez précise de ses propres schémas pour ne pas les confondre avec ceux du patient. Un thérapeute dont le Parent exigeant est actif entendra du perfectionnisme partout.
Ce qui se travaille, concrètement : reconnaître les modes dans le flux d'une séance réelle, savoir quel besoin se cache derrière chacun, conduire une réécriture d'image mentale sans effraction, et repérer les situations où il faut d'abord stabiliser. Le reste s'apprend en quelques heures ; c'est la posture qui prend du temps.
Victoria Herrmani
Psychologue clinicienne et psychothérapeute, diplômée d'un Master 2 de psychologie clinique et psychopathologie, inscrite auprès de l'ARS. Vingt-six ans de pratique, dont une quinzaine d'années en institution — milieu carcéral, psychiatrie, protection de l'enfance, aide aux victimes — avec une orientation psychanalytique, avant l'exercice libéral.
Formée ensuite aux grands courants de la psychothérapie : Gestalt-thérapie, psychologie jungienne, analyse transactionnelle, psychodrame, systémie, art-thérapie, thérapies brèves, hypnose. Fondatrice d'Ellipsy, organisme de formation certifié Qualiopi, et auteure d'ouvrages spécialisés en psychologie clinique et thérapies brèves.
- Master 2 psychologie clinique et psychopathologie
- 26 ans de pratique clinique
- Formatrice en thérapies intégratives
- Spécialisée en psychotraumatologie
- Organisme certifié Qualiopi
- Auteure d'ouvrages spécialisés
Le parcoursThérapie des schémas : l'ossature clinique pour la pratique que vous avez déjà
La thérapie des schémas s'enseigne traditionnellement sur plusieurs années, avec supervision et certification internationale, et c'est une bonne chose. Ce parcours répond à une autre question, celle que me posent la plupart des collègues qui m'écrivent : que faut-il avoir compris, et su faire, pour que le modèle des schémas commence à travailler dans la pratique qui est déjà la vôtre ?
C'est une ossature pour l'intervention, et non pas un inventaire. Un noyau restreint de notions et de gestes, repris jusqu'à devenir opérants, plutôt qu'un survol de tout ce que le modèle a produit en trente-cinq ans.
Formation en e-learning · modules progressifs · organisme certifié Qualiopi. Cette formation ne confère pas le titre de psychologue ni de psychothérapeute, réglementés en France.
Thérapie des schémas : pour aller aux sources
- Young J. E., Cognitive Therapy for Personality Disorders: A Schema-Focused Approach, 1990. Le texte fondateur, où les quinze premiers schémas sont décrits.
- Young J. E., Klosko J. S., Weishaar M. E., Schema Therapy: A Practitioner's Guide, Guilford Press, 2003. Le manuel de référence : dix-huit schémas, cinq domaines, et l'entrée des modes.
- Cottraux J., La répétition des scénarios de vie, Odile Jacob, 2001. La première introduction française du modèle, par la voie cognitiviste.
- Pascal B., Thérapie des schémas. Principes et outils pratiques, Elsevier Masson, 2015. Le manuel francophone le plus directement utilisable en cabinet.
- Bach B., Lockwood G., Young J. E., « A new look at the schema therapy model », Cognitive Behaviour Therapy, 47(4), 2018. L'étude qui fait passer les cinq domaines à quatre.
- Arntz A., Rijkeboer M. et al., « Towards a Reformulated Theory Underlying Schema Therapy », Cognitive Therapy and Research, 45(6), 2021. La position du groupe international : deux besoins et trois schémas ajoutés.
Questions fréquentes sur la thérapie des schémas
Quelle différence entre les TCC et la thérapie des schémas ?
Les thérapies cognitivo-comportementales s'adressent au symptôme et à ce qui l'entretient aujourd'hui : on met une pensée à l'épreuve des faits, on expose, on modifie un comportement. La thérapie des schémas s'adresse à ce qui rend cette pensée insensible aux faits, c'est-à-dire à une conviction affective formée dans l'enfance à partir d'un besoin resté sans réponse. Jeffrey Young a construit son modèle à l'intérieur de la thérapie cognitive, pour les patients qui n'y répondaient pas. Les deux approches se pratiquent très bien ensemble.
Les modes de la thérapie des schémas sont-ils les états du Moi de l'analyse transactionnelle ?
Non, malgré la ressemblance des noms. Un état du Moi selon Eric Berne est une instance stable de la personnalité, présente chez chacun et saine par principe ; on l'étudie à travers les transactions et le scénario de vie. Un mode selon Young est un état momentané, produit par un schéma activé et par la manière dont la personne y fait face ; on l'utilise pour repérer un besoin frustré et y répondre. L'analyse transactionnelle éclaire la relation, les modes éclairent l'histoire affective.
L'enfant intérieur et l'Enfant vulnérable, est-ce la même chose ?
Non. L'enfant intérieur est d'origine jungienne : Jung et Kerényi décrivent en 1941 l'archétype de l'enfant divin, figure porteuse de renouvellement, et le travail vise l'individuation. L'Enfant vulnérable est un mode de la thérapie des schémas : un état transitoire défini par un besoin affectif frustré, et le travail vise à répondre à ce besoin. On peut pratiquer les deux, à condition de savoir laquelle des deux logiques on emploie.
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